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«En campagne, il faut être réceptif au hasard»
10 avril, 2012, 4:29
Classé dans : ART,NEWS,PHOTOGRAPHIE

Trois photographes qui couvrent la campagne pour Libération expliquent leur travail à partir de trois de leurs clichés.

«En campagne, il faut être réceptif au hasard» dans ART

«Être réceptif au hasard»
Laurent Troude: «On était très nombreux. C’est toujours très difficile d’être au contact du candidat, il faut se faufiler, se débrouiller, c’est à celui qui sera le plus malin. On y arrive, par vagues de quinze, vingt secondes, avant d’être rejeté par la pression. Au moment où on est près, on espère qu’il va se passer quelque chose: ils ne peuvent pas tout contrôler. Cette image montre bien la campagne, il fait 50 choses en même temps et regarde sans arrêt ailleurs. Il sait qu’il doit toucher les gens, mais
c’est fait mécaniquement. Il fait le job. Chirac n’était pas pareil. Ici, on est à Guérande [Loire­ Atlantique, ndlr], mais peu importe. Ce qui m’intéresse, c’est de creuser le portrait en creux d’un candidat, pas l’environnement. Ça, c’est ce qu’eux veulent montrer. Il faut être réceptif au hasard.»

  Art dans NEWS

«Je fais une image symbolique»
Sébastien Calvet: «On est à Jarnac [Charente, ndlr], pour l’anniversaire de la mort de François Mitterrand. Il y a donc toute une mythologie du PS, c’est un peu un pèlerinage. La cérémonie est très organisée, protocolaire: les gerbes de fleurs sur la tombe, les positionnements des photographes, etc. François Hollande décide de parler aux journalistes, mais à l’extérieur du cimetière. Les radios et télés ont été briefées, et l’attendent. Nous, les photographes, on suit Hollande. Je fais une image symbolique de la campagne: avec le candidat et la presse, tout autour de lui. Et là, le service d’ordre nous interpelle:“Ne vous mettez pas là.” On pouvait penser que c’était pour des raisons de sécurité. Pas du tout: on était dans le champ des caméras.»

  Élections 2012 dans PHOTOGRAPHIE

«Il y a eu une bousculade»
Julien Mignot: «Cette photo a été prise au moment où Jean­-Luc Mélenchon invective un photographe. Il y a eu une bousculade, et cela a donné lieu à une première altercation. On est après le meeting à la Bastille, les photographes sont de plus en plus nombreux à le suivre. Cela le gêne. Ce n’est pas comme au PS ou à l’UMP, où ils ont l’habitude de gérer ça. Dans le bus qui nous ramène de Bobigny [Seine­Saint­Denis, ndlr] à Paris, j’ai mon appareil sur les genoux. Il vient en face de moi. Me dit:“Qui êtes vous? Je ne vous fais pas confiance. Si vous me mitraillez, je m’en vais.”Il a traité tous les photographes d’abrutis. Je lui ai fait remarquer qu’on ne lui dit pas:“Vous, les politiques, vous êtes tous pourris.” Il m’a répondu:“Vous me faites la leçon en plus? Allez dégage!”»

Par Charlotte Rotman


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