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Pieter Hugo, photographe des marges de l’Afrique
3 septembre, 2013, 8:31
Classé dans : ART,PHOTOGRAPHIE

 

 

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De la décharge à la morgue, des victimes du sida aux ados endimanchés : le photographe sud-africain Pieter Hugo pose un regard d’humanité désenchantée sur les fractures du continent.

Pieter Hugo incarne la toute-puissance de la photographie sud-africaine et son rayonnement. Cet Afrikaner n’a peur de rien, même pas de l’ombre du passé qu’il affronte ouvertement, sans complexes. «Un lieu fracturé, schizophrénique, blessé et problématique», dit-il de l’Afrique du Sud qui l’a vu naître en 1976, à Johannesburg.

Lui, il est l’«Afropolitan», citoyen multiculturel d’une société post-apartheid conflictuelle, arpentant avec flamme son territoire natal comme d’autres pays du continent africain, du Botswana au Nigeria. Déjà multiprimé, il avance plus vite qu’une voiture de course. Pieter Hugo a ainsi reçu le prix Seydou-Keïta aux dernières Rencontres de Bamako, en 2011. Il est aussi l’auteur d’un livre clé, This Must Be The Place (1) , doublé d’une rétrospective organisée par le musée de la Photographie de La Haye (Pays-Bas) et présentée au musée de l’Elysée, à Lausanne (Suisse).

Phrases chocs

Pieter Hugo n’a pourtant rien d’un visionnaire. Depuis ses débuts à l’aube de ce siècle, son travail flirte avec le réel. Il a même balancé une ou deux phrases chocs, comme «le portrait est mort», susceptibles d’agacer ses pairs ou les professionnels du médium. Alors, qu’est-ce qu’il a fait de si exceptionnel, Pieter Hugo ? Il a littéralement désenchanté l’Afrique de ses clichés béats grâce à une assurance non feinte et une liberté d’autodidacte.

L’Afropolitan poursuit la démarche du précurseur David Goldblatt – l’une de ses références – qui ne recule jamais devant son sujet. C’est d’ailleurs cette audace qui apparaît dans ses séries, comme si l’Afrikaner aux yeux clairs, loin de la ruée vers l’ordre, témoignait de visu d’un certain chaos. L’Afrique n’est pas une case, elle n’est qu’une fable de multiplication, une arche de Noé grandeur nature. Parfois une décharge à ciel ouvert pour l’Occident, pressé de se débarrasser de ses déchets toxiques.

Sérieux comme des papes

Par-delà les frontières, Pieter Hugo relie les âmes africaines aux fantômes du présent. Voici des albinos. Des scouts, ex-combattants de la guerre civile au Liberia. Des hyènes et des pythons apprivoisés par leurs maîtres. Des morts du sida à la morgue du Cap. Des zombies croisés dans les rues de Lagos, à Nollywood, la troisième industrie cinématographique de la planète. Des pauvres vieux. Des adolescents, pieds nus dans les ordures ; ou endimanchés, sérieux comme des papes après leur cérémonie d’initiation. Des récolteurs de miel. Des juges en perruque. Des laveurs de taxis…

Il y a là, face à nous, une partie de l’humanité que Pieter Hugo regarde frontalement. A l’exception des squelettes pétrifiés du Rwanda, chaque portraituré est identifié dans la légende de la photographie. Leurs noms sont un voyage poétique. Une compagnie de choix. Pieter Hugo n’est pas un photographe qui se perd dans le décor. Ses modèles occupent toujours la première place.

 


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