Ne croire qu'en l'actualité

100 photos d’Ai Weiwei pour la liberté de la presse
12 septembre, 2013, 11:46
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Ai Weiwei à Pékin, le 27 septembre 2012 | REUTERS/DAVID GRAY

L’album annuel de Reporters sans frontières est généralement confié à un grand photographe de presse comme Don McCullin ou René Burri, ainsi mobilisé en faveur de la liberté de la presse.

Cette année, c’est un auteur bien particulier qui devient ainsi « ambassadeur de RSF » : Ai Weiwei, artiste chinois et lui-même victime d’atteintes à sa liberté d’expression, notamment en passant 90 jours en prison en 2011.

L’album, dont les bénéfices vont à RSF et à son travail en faveur de la liberté de la presse, permet de retrouver le parcours, l’oeuvre, les combats d’Ai Weiwei, dont le public français a pu découvrir le travail lors d’une grande expo au Jeu de paume et dans un documentaire l’an dernier.

Dès la couverture, on retrouve un des grands clichés d’Ai Weiwei : une photo de sa femme soulevant sa jupe devant le célèbre portrait de Mao sur la place Tiananmen à Pékin. On est en juin 1994, cinq ans après le massacre, et cette photo est le comble de l’irrévérence, de la provocation.

Mais surtout, comme l’écrit dans sa préface Christophe Deloire, le Secrétaire Général de RSF : « cet album 100 photos pour la liberté de la presse spécial Chine est un appel à la libération des 30 journalistes et 70 net citoyens en prison (selon les chiffres de RSF) pour avoir voulu rendre compte de la réalité de leur pays ».

A la veille de la sortie de cet album, une bonne nouvelle est toutefois venue de ce côté là : Shi Tao, le journaliste chinois condamné à 10 ans de prison pour avoir envoyé un email « subversif » à l’étranger, et qui a été jugé sur la base d’informations fournies par Yahoo, a été libéré avant l’expiration de sa peine.

Dans le même temps, toutefois, les autorités ont lancé une vaste campagne de « nettoyage » des « rumeurs » sur le web chinois, s’en prenant aux blogueurs et autres « journalistes-citoyens » qui ont pris une importance considérable ces dernières années.

Parmi les plus actif utilisateurs des réseaux sociaux, figure justement Ai Weiwei, dont l’activisme pour la liberté en Chine est un subtil mélange de Warhol et d’internet. Un esprit qui se retrouve dans ces « 100 photos d’Ai Weiwei pour la liberté de la presse ».

Pierre Haski – Rue89.com



In the Land of the Head Hunters
11 septembre, 2013, 4:26
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Le chef d’oeuvre de 1914 sur les indiens d’Amérique du Nord en version restaurée 

Motana, fils d’un grand chef indien, part à l’aventure pour acquérir des pouvoirs surnaturels. La nuit, il rêve de la belle Naida. Il se promet de l’épouser à son retour. Mais la jeune fille est aussi convoitée par le féroce Sorcier qui règne sur les chasseurs de tête. Craignant ses terribles sortilèges, Waket, père de Naida, lui a destiné sa fille. Une guerre entre tribus se prépare…

In The Land of the Head Hunters
De Edward S.Curtis
USA et Canada -1914, 67 mn
Date de sortie – 20 novembre 2013



Talons aiguilles, jupe en cuir, rouge à lèvres, porte-jarretelles
8 septembre, 2013, 5:10
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Talons aiguilles, jupe en cuir, rouge à lèvres, porte-jarretelles  dans CULTURE

Jeune et Jolie de Francois Ozon

Comme Isabelle dans “Jeune et jolie”, le film de François Ozon, des femmes, mais aussi des hommes, rêvent de vendre leur corps ou de coucher avec une prostituée, mais sans forcément passer à l’acte. Pourquoi et comment fonctionne ce fantasme.

Quand je me touche, j’aime imaginer que je suis la pute de service et que je ne coûte pas cher (ben oui, car je suis au rabais en plus).” Dans un billet publié en février sur son blog L’Introvertie perverse, Poupie déballe son fantasme. “Je trouve excitant de me soumettre aux caprices du client, qu’il ait une certaine autorité et qu’il me désire au point de payer (une maigre somme et une chambre d’hôtel) pour le plaisir de tripatouiller ma sympathique personne.”

C’est avec son mari, dans la chambre conjugale, que Poupie a assouvi son fantasme. Après s’être habillée “en prostituée” (jupe courte et rouge à lèvres), Poupie a rejoint son “client” avec un certain malaise : “Je ne savais pas trop comment me comporter. Je lui serre la main ? Je lui fais la bise ? J’essaie de le séduire ? Que faire ? Dans le doute, j’ai fait ce que je fais de mieux dans ce genre de situation : j’ai pris l’air gêné et arboré un semi-sourire niais combiné à une expression perdue.” La blogueuse raconte ensuite comment il lui a remis “une liasse de billets” avant de “l’examiner” (“il semblait relativement satisfait de son achat”) et de se lancer dans des ébats SM (car elle est aussi adepte des jeux sado-maso).

Poupie n’est pas la seule à fantasmer sur la prostitution. Rencontré sur un forum, Stéphane* avoue s’éclater avec son épousepour le fun”, sans mise en scène ni échange d’argent. “Elle voulait simplement que je lui achète pas mal de choses. Elle a eu les cadeaux qu’elle voulait.” Caroline*, 48 ans, assouvit son fantasme environ une fois par mois, également avec son mari. Un vendredi soir, vers 23 heures, son conjoint revient d’un déplacement.

“Je l’attendais sur le lit dans une tenue sulfureuse (une petite jupe courte en latex, des bas résille, des talons de 15 cm, un top noir transparent, des boucles d’oreille et un maquillage soutenu). Il arrive dans la chambre, ne dit rien, me regarde sans émotion, tourne autour du lit. Puis il passe sa main entre mes jambes, des talons jusqu’à mon sexe.”

Les ébats terminés, son mari laisse 50 euros et sort de la chambre. “Il est allé boire un café dans la cuisine. Pendant ce temps, j’ai mis ma nuisette classique, j’ai rangé mes vêtements érotiques, je suis descendue le rejoindre et lui ai demandé ‘Tu as passé une bonne journée mon chéri ?”, raconte Caroline avant de préciser que ce fantasme exige “de la maturité et beaucoup de confiance en l’autre car après l’avoir réalisé, tout redevient comme avant, avec le travail, le quotidien”.

Femmes ouvertes, maisons closes

Talons aiguilles, jupe en cuir, rouge à lèvres, porte-jarretelles : le fantasme passe, entre autres, par le (sous-) vêtement, qui fonctionne comme une barrière entre le quotidien et la sphère érotique. Une dissociation qui rejoint l’éternelle opposition de la maman et la putain. Pour Brigitte Rochelandet, docteur en histoire des mentalités et auteur d’une Histoire de la prostitution : du Moyen Age au XXe siècle(1), cette opposition véhiculée avec le christianisme a connu un pic au XIXe siècle.

“La femme devait élever les enfants, être au foyer, bien sage. La prostituée avait un côté femme libre, elle était celle à qui on demandait des choses C’est aussi son univers qui fait fantasmer, avec d’un côté Pigalle, ses spectacles, ses bars à escort et ses sex-shops, et de l’autre les mythiques maisons closes, “un endroit secret où l’on imaginait des tentures, des tapisseries et des femmes très belles, alanguies”, explique Brigitte Rochelandet.

Malgré leur fermeture, le cliché a perduré, véhiculé par les vitrines du Quartier rouge d’Amsterdam. Que dire de Zahia, ancienne escort devenue businesswoman ? “Il y a un côté tellement conte de fées chez elle, c’est Cendrillon ! Ça renvoie une image lisse et donc rassurante de la prostitution, qui plaît aux gens”, décrypte l’historienne. Un conte de fées qui sert de trame au film culte Pretty Woman, où Julia Roberts loue ses services à Richard Gere avant qu’ils ne tombent amoureux l’un de l’autre.

Des billets sur le corps

Le fantasme de la prostitution déborde le cadre de cet imaginaire pour s’appuyer sur une autre pulsion : voir son propre corps chosifié. “Pouvoir abandonner son corps, être un objet, reste un élément d’excitation”, analyse Philippe Brenot, psychiatre, anthropologue, thérapeute conjugal et auteur de deux enquêtes approfondies sur les sexualités masculine et féminine(2). Enfin, beaucoup seraient excités par le jeu de domination/ soumission qui se dessine en arrière-plan et repose en grande partie sur l’échange d’argent (ou toute autre compensation).

Qualifié d’“aphrodisiaque” sur nombre de forums, l’argent apparaît comme l’attrait principal de ce fantasme. Un internaute nous confie que cela lui permet de “tout demander, tout exiger” de sa partenaire. Estelle*, 26 ans, avoue “aimer avoir des billets sur (son) corps”. Dans un article consacré à son fantasme de prostitution, posté le 30 mai sur Sexactu, son blog hébergé sur le site de GQ, l’écrivaine Maïa Mazaurette mène la réflexion plus loin. Pour elle, “faire payer est une affirmation politique qui relève d’un mélange de réalisme et d’arrogance”:

“C’est une réaction au fait qu’une femme doive toujours faire profil bas, toujours prétendre ne pas avoir conscience de sa position sur l’échiquier du sexe, explique-t-elle. Il y a un aspect voyeuriste (dans ce fantasme) : découvrir chez un homme la partie de lui qu’il n’ose pas révéler à une femme gratuite.”

L’argent ne symbolise donc pas forcément la domination du client sur la prostituée. Il permet aussi à la femme de prendre les commandes. “La femme n’est pas contrainte à la passivité. C’est un fantasme libérateur”, assure Philippe Brenot.

Beau gosse et joueur

La prostitution est-elle un fantasme exclusivement féminin ? En majorité, affirme Philippe Brenot, qui en souligne le caractère “très personnel” : “Pour certaines, ce fantasme va être excitant, pour d’autres, insupportable.” Les hommes, eux, s’intéressent davantage au fait de coucher avec une prostituée, comme Benjamin*, 36 ans, qui y pense “en solitaire”. “Avec ma femme, nous avons une sexualité tout à fait dans la norme, je n’ai pas envie qu’on me juge pour mes envies”, explique-t-il en précisant qu’il ne va jamais voir de prostituées. “J’y ai déjà pensé, j’ai déjà consulté des annonces sur internet. Le problème, c’est que ça fait très vite marché à viande et que ça casse mon fantasme. Ce qui me plaît, c’est la prostituée dans un cadre un peu érotique, surtout pas grossier avec le menu des prestations.”

Certains hommes rêvent eux aussi de se faire payer. Antoine* nous écrit sur un forum : “Je fantasme sur le fait de me prostituer… Mais ce serait de la prostitution de luxe… Je veux une certaine forme de confort et de classe.” Son scénario : “Une femme riche m’invite chez elle et me paie pour lui faire l’amour. Là, plusieurs versions : elle peut me recevoir habillée très chic ou en tenue légère mais pas nue. Nous buvons du champagne dans sa chambre et je la déshabille avant que nous nous donnions du plaisir.” Antoine se dit “prêt à passer à l’acte”. Comme Elliot* : “Je suis plutôt beau gosse et joueur, donc si je pouvais en plus rencontrer des filles pour me faire plaisir et gagner un peu d’argent, ça serait formidable !

Une fellation dans les toilettes

Et si certain(e)s sautaient le pas et se prostituaient par pur plaisir ? On pense à Belle de jour, de Luis Buñuel, où Séverine (Catherine Deneuve) se prostitue pour assouvir son fantasme. Mais aussi à Jeune et jolie, de François Ozon, qui raconte l’histoire de la belle Isabelle (Marine Vacth), lycéenne de 17 ans qui poste une annonce sur un site de cul et se lance dans les relations tarifées par pur désir, en plein éveil de sa sexualité. Certain(e)s sont passé(e)s à l’acte. François* nous raconte sur un forum gay qu’un après-midi, alors qu’il “était bien jeune”, il a enfilé un short vert fluo et une chemise de sa sœur et est parti tapiner du côté de la gare de sa commune. Étouffé par le stress, il s’apprêtait à renoncer lorsqu’un homme l’a rejoint dans les toilettes. François y a pratiqué une fellation, pour 60 francs d’alors.

Sur Voissa, autre forum coquin, Laura*, 29 ans, explique à ses followers comment une mauvaise drague – dans la rue, un type lui demande combien elle prend lui a donné l’idée de se prostituer un soir, un seul, en accord avec son compagnon. “Georges va garer la voiture dans l’ombre, moi je me place sur le bord de la route… Si je ‘lève un client’, je l’amène dans notre voiture, il me baise sur les sièges arrière. Georges est tout près en cas d’embrouille, pour me protéger ! Je suis à la fois morte de trouille et très excitée. Je prends mon courage à deux mains et je me change, j’accentue aussi mon maquillage et met des talons hauts !!! Heureusement qu’on est en été, je n’ai rien sur la peau ! Ah ! Reste une dernière chose… Combien ??!!”, écrit-elle avant de se lancer dans une description très érotique de son expérience sur un parking. Bilan de la soirée: deux relations tarifées et une multitude d’orgasmes. Laura a pris son pied mais, le lendemain matin, la vue des billets l’a dégoûtée : “Nous n’avons jamais recommencé.” Philippe Brenot l’affirme : “On a plus d’énergie sexuelle quand on ne réalise pas tous ses fantasmes.”

Carole Boinet / lesinrocks.com


« Lui »
6 septembre, 2013, 10:16
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« Lui » dans ART 001-couv_website1_0

Léa Seydoux nue, recouverte partiellement d’un voile noir. La couverture du magazine Lui a tourné partout dans les kiosques et même sur des bus. Léa Seydoux a de très beaux seins, ce que l’on savait déjà puisqu’on les avait vus dans « La Belle Personne » de Christophe Honoré puis « Grand Central » de Rebecca Zlotowski.

La suite, il fallait attendre le 5 septembre pour la découvrir, jour de sortie du mensuel Lui nouvelle version, déclinaison chic-cool du magazine culte des années 70, vendu au prix de 2,90 euros.

Journal pour « hétéros-connards »

Avant d’arriver à l’édito de Frédéric Beigbeder, le directeur de la rédaction, neuf doubles pages de publicité. En chemin, l’ours du journal, où l’on découvre que la rédactrice en chef de Lui est Yseult Williams, ancien grand manitou de Grazia, journal féminin qui a réussi son lancement en 2009.

Comme pour Vanity Fair version française, très peu de journalistes salariés. Mais trois rédacteurs en chef pour commander de la copie à des collaborateurs extérieurs. Parmi eux, des jeunes journalistes freelance qu’on connaît bien à Rue89 (Anna Borrel, Augustin Scalbert), des plumes (Marcela Iacub, Nicolas Rey, Gaspard Proust, Patrick Besson). L’ours nous vend aussi des séries mode branchées et prestigieuses (Olivier Zahm, Terry Richardson).

Dans l’édito, c’est cool, Beigbeder assume : il explique qu’il a vu les hommes disparaître cet été à Guéthary (Pays basque). Ce magazine est un dernier hommage au « connard d’hétérosexuel » ou « néo-beauf ». Ce mec qui « drague lourdement », « boit trop » et « parle politique en faisant des moulinets avec ses petits bras musclés ». Attention : le lecteur de Lui se touche le sexe devant les matches de foot, mais il a beaucoup d’argent et s’habille super bien.

Dans les pages « shopping » du journal, les produits proposés sont haut de gamme. Genre on vous propose d’acheter le sac « polochon » de Dior Homme à 2 250 euros. Ou des enceintes sans fil hi-fi pour smartphone à plus de 500 euros.

Lui propose aussi des « cadeaux pour se faire pardonner en cas de gros dérapage » auprès de votre nana : un collier en or rose à 490 euros ou un rouge à lèvres Dior à 34 euros. Mais bien sûr.

Calories et « name-dropping » façon Beigbeder

Le premier article est signé Frédéric Beigbeder. Un papier à la sauce GQ – il y faisait un grand déjeuner-interview jusqu’en 2011. Ici encore, il bouffe avec une personnalité et il retranscrit, coupe et ajoute des apartés – ce qu’il s’est passé dans sa tête ou ce qu’il aurait voulu qu’il s’y passe.

Pour le premier numéro, Beigbeder a diné avec Daniel Filipacchi, celui qui a eu l’idée du Lui ancien, chez Allard. Ils étaient accompagnés de leurs femmes, Christelle et Lara, parce qu’il n’était pas question de faire un dîner « entre vieux garçons ». Mais dans l’article, elles n’apparaissent pas, gommées du résultat final. Faut quand même pas déconner.

Les couples Beigbeder et Filipacchi mangent des grenouilles et du foie gras. Ils parlent de l’époque où François Truffaut tenait la chronique cinéma de Lui. Calories et « name-dropping ». On apprend aussi que Filipacchi a un jour échangé son appartement à Megève contre une porte peinte par Max Ernst. Divertissant.

Les fesses menues de Vallaud-Belkacem

Plus loin, on tombe sur une chronique politique de Thomas Legrand qui est parti des Inrocks au moment de l’arrivée d’Audrey Pulvar. Il écrit un texte sur l’impuissance (sexe mou) des hommes politiques : « Les prélos terminé, Rocco Obama est en condition, promis, de réguler la finance, fermer Guantanamo, faire revenir la croissance. Le peuple américain attend toujours, assis sur son lit. »

D’autres chroniques plus loin : Besson sur le cinéma qui « spoile » le scénario du prochain Woody Allen, et Marcella Iacub qui propose aux hommes de se faire stériliser et déposer leur sperme dans des banques prévues à cet effet pour ne pas devenir pères contre leur volonté.

Un papier fait parler de lui depuis déjà quelques jours : un essai de Nicolas Rey sur son désir pour Najat Vallaud-Belkacem, intitulé « Attrape-moi si tu peux ». La ministre des Droits des femmes est installée, grâce à un montage Photoshop, sur le fauteuil en rotin du film érotique « Emmanuelle » (1974) de Just Jaeckin : « Najat, sa coupe à la garçonne, ses fesses menues, son corps sec et nerveux. »

Nicolas Rey dialogue avec Maxime, son conseiller en com’ : « Ecoute, Maxime de 28 ans. Najat sera dans le premier numéro. Pourquoi ? Parce que, comme Henry Miller, je suis un désespéré de l’amour. Je scalpe, je tue. Je suis insatiable. Je veux tout de Najat : cheveux, poils, cérumen, caillots de sang séché, n’importe quoi, je le dévore. »

L’article se finit tristement : Vallaud-Belkacem accepte que Nicolas Rey monte dans sa voiture. Mais l’ambiance tourne petite fille, elle lui dit que son mot préféré dans la langue française est « évanescent » et qu’elle aime par dessus tout « Autant en emporte le vent ».

Plus loin, des pages « newcomers » : on vous présente les personnalités de demain. Un papier sur les « Milf » (« Mum I’d like to fuck »), grand classique des magazines de mecs, avec comme accroche actu le retour de Robin Wright dans « House Of Cards ». Des petites choses à lire, des anecdotes : le jeu vidéo « Fifa 13 » est une des principales causes de divorce au Royaume-Uni.

Léa Seydoux nue sur un vieux parquet

Au milieu du journal, Beigbeder revient avec son format préféré : cette fois il ne dîne pas, il passe rendre visite à Léa Seydoux dans l’hôtel particulier de sa grand-mère pour recueillir ses confidences (il l’avait déjà croisée à un anniversaire en 2010, on a l’impression que toutes les personnes interviewées ont été piochées dans le répertoire de son portable).

Beigbeder interroge Seydoux sur le tournage de « La Vie d’Adèle », Palme d’or à Cannes : « Je n’avais jamais vécu un tournage similaire. C’était éprouvant. Je n’arrivais plus à respirer tellement j’étais angoissée, j’ai dévalisé toutes les pharmacies de Lille. »

Puis, série photos avec Léa Seydoux nue sur un vieux parquet. Ses seins à nouveaux sous tous les angles. Je les inspecte.

Plus loin, Augustin Scalbert, ancien journaliste à Rue89, enquête entre Londres et New York sur la cocaïne dans le milieu de la finance.

Le dernier long article traite de l’amitié fusionnelle entre Julian Assange et Daniel Domscheit-Berg. Marrant de voir que WikiLeaks devient un marronnier de la presse masculine. L’espionnage plaît à l’hétéro-connard.

La docteure est une mannequin

Toutes les séries photos de fin de journal mettent en scène des filles nues : beaucoup de seins, de dos cambrés, de petites culottes, peu de sexes nus. Ce n’est pas pornographique comme dans la version passée de Lui.

Les dernières pages invitent à voyager, manger et boire. Hôtel à Bali, resto à Paris, bar à New York… La vie quoi, et comment se « mettre bien ». La page d’après explique comment bien cuisiner le cèpe.

Avec Tahar Rahim, on ne parle pas de cinéma mais on fait un bilan santé et on apprend que ses pieds le font souffrir en hiver. Le billet mondain non signé donne mal à la tête : toutes ces sorties en ville doivent être épuisantes.

Le journal se termine par le portrait d’Amanda Murphy, docteure devenue mannequin. Le fantasme absolu : « Si vous vous fêlez le col du fémur, vous avez une chance sur cinq de voir cette jeune femme se glisser dans la cabine d’IRM. »

Tout ça est très branché, friqué, érotique, classique, attendu, mais ça marche bien.

Nolwenn Le Blevennec – Journaliste Rue89


Un photographe aux aguets
23 décembre, 2012, 12:17
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Le Jeu de Paume consacre une exposition à Manuel Álvarez Bravo et restitue une vision contemporaine du travail de ce photographe mexicain bien connu du public français.

Développée durant huit décennies, l’œuvre photographique de Manuel Álvarez Bravo constitue un jalon essentiel de la culture mexicaine du XXe siècle. À la fois étrange et fascinante, sa photographie a été souvent perçue comme le produit imaginaire d’un pays exotique, ou comme une dérive excentrique de l’avant-garde surréaliste. Le parcours présente une sélection de cent cinquante images qui vise à mettre en lumière un ensemble spécifique de motifs iconographiques dans le travail du photographe.

Date de début : 16 octobre 2012 - Date de fin : 20 janvier 2013



Kosovo : la bombe démographique est amorcée
12 avril, 2012, 2:42
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Kosovo : la bombe démographique est amorcée dans CULTURE

Le plus jeune pays du continent est aussi celui dont le taux de chômage est le plus élevé. Sans possibilité de voyager et sans véritables perspectives chez elle, la jeunesse kosovare est-elle mûre pour une révolution ?

A toute heure du jour, artistes, écrivains et rêveurs de Pristina se réunissent au Dit et Nat, un café cosy, rempli de livres, dont le nom signifie « Jour et Nuit » en albanais.

Parmi eux, Astrit Ismaili, 20 ans, artiste conceptuel qui revient tout juste d’une résidence de six mois à New York. « J’ai eu de la chance. J’ai décroché une bourse qui m’a permis d’aller aux Etats-Unis », raconte-t-il. « La plupart des Kosovars n’ont pas la possibilité de partir à cause de la difficulté d’obtenir un visa. C’est triste, parce que la réalité du pays ne permet pas à la jeunesse d’exprimer son talent et de réaliser ses ambitions ».

Dans son travail, Astrit Ismaili explore les thèmes de l’identité et de la sexualité à travers le prisme d’une société qui se débat encore avec le souvenir de la guerre qui a permis l’émergence de l’Etat indépendant du Kosovo.

Il peut être provocateur – dans un de ses projets, Astrit Ismaili pose à demi-nu devant la ville de Pristina en arrière-plan – et il sait qu’il pousse le bouchon dans un pays qui demeure largement conservateur. « Quand vous n’avez pas la possibilité de vivre des choses en dehors du Kosovo, l’ambiance peut devenir étouffante ici ».

Une personne sur deux a moins de 25 ans

« Etouffant » est également le terme employé par un diplômé au chômage qui se fait appeler Dren. Devant un café macchiato, dans un bistrot bondé avec vue sur la célèbre sculpture jaune pâle « NEWBORN » – dévoilée lors de la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo en 2008 – Dren désigne d’un geste l’endroit où il se trouve. « Il y a plein de cafés comme celui-ci à Pristina… plein de jeunes comme moi qui n’ont rien d’autre à faire que de boire du café toute la journée », confie-t-il avec amertume. « On n’a pas de travail, aucune perspective et aucun moyen de partir. Ce n’est pas un pays pour les jeunes ».

Le Kosovo est pourtant un pays jeune. Ses deux millions d’habitants constituent la population la plus jeune d’Europe : une personne sur deux y a moins de 25 ans. Plus de la moitié des ministres du gouvernement kosovar ont moins de 40 ans. Atifete Jahjaga, la présidente du pays, ancienne directrice de la police kosovare, n’avait que 36 ans lorsqu’elle a été élue l’année dernière.

Et, comme les politiques aiment à le rappeler au sujet des défis que doit relever le Kosovo, le pays, qui a fêté son quatrième anniversaire en février, est le deuxième Etat le plus jeune du monde, juste derrière le Soudan du Sud.

D’aucuns prétendent que le gouvernement, qui a versé près de cinq millions d’euros à l’agence Saatchi & Saatchi pour imaginer une campagne de publicité internationale faisant l’éloge des « Jeunes Européens » du Kosovo, ne prend pas suffisamment au sérieux cette explosion démographique.

Voilà deux ans, un groupe de réflexion basé à Pristina, l’Initiative kosovare pour la stabilité (IKS), a publié en partenariat avec l’UNICEF un rapport qui évalue le taux de chômage des jeunes à 73%.

« Le chômage qui frappe le Kosovo est en train de détruire la jeunesse »,déclare Milot, une des personnes interrogées par les chercheurs ; d’autres expliquent que le népotisme et le copinage compliquent encore la vie des jeunes et des demandeurs d’emploi.

Et la situation risque encore d’empirer avant l’embellie : près de 200 000 jeunes devraient arriver en âge de travailler dans les cinq années à venir. Les allocations de chômage n’existent pour ainsi dire pas au Kosovo.

Le seul filet de sécurité qui vaille est la famille. Beaucoup cherchent l’évasion par d’autres biais : l’alcoolisme et la consommation de drogue sont en hausse, selon des personnes qui travaillent auprès de la jeunesse kosovare.

Le taux de chômage global du Kosovo s’élève à environ 45%, soit le chiffre le plus élevé des Balkans occidentaux. Moribonde, l’économie est tributaire du secteur des services, de l’aide internationale et des virements de la diaspora kosovare, bien que cette dernière source de revenus ait souffert de la crise financière mondiale.

Un pays isolé et immobile

Pour ajouter encore à la frustration de la jeunesse, le Kosovo est le dernier pays des Balkans dont les citoyens ne sont pas autorisés à se déplacer librement dans les pays de l’Union européenne.

Un expatrié qui a travaillé plusieurs années dans des agences internationales basées au Kosovo dresse un parallèle avec les griefs qui ont été à l’origine des vagues de protestation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord l’année dernière : « Une population jeune, un taux de chômage des jeunes élevé et une montée de la désillusion face à la sclérose – on retrouve les mêmes ingrédients ici ».

Pour certains, l’ascension de Vetëvendosje (auto-détermination), mouvement nationaliste ciblant principalement les jeunes, tient à sa capacité à canaliser le mécontentement croissant face à l’isolement et à l’immobilisme du pays. De simple agitateur des masses, le mouvement est devenu le troisième parti représenté au parlement kosovar.

Vetëvendosje s’oppose à tout échange avec la Serbie, dénonce les missions internationales envoyées au Kosovo – dont la mission EULEX de l’Union européenne – qualifiées de paternalistes, et réclame l’unification avec l’Albanie voisine. Les murs de Pristina sont couverts de ses graffitis, parfois virulents : « Eulexperiment », « Jo Negociata – Vetëvendosje ! » (Pas de négociations – l’auto-détermination !).

Le leader de Vetëvendosje, Albin Kurti, parle d’une insurrection populaire non-violente dirigée contre ce qu’il considère comme l’élite politique corrompue du Kosovo, et les manifestations organisées par le mouvement ont dégénéré en échauffourées avec la police à plusieurs reprises.

Les dirigeants du Kosovo, dont certains taxent Albin Kurti et son mouvement d’extrémisme, minimisent le risque d’une propagation des troubles. « Le risque est nul », affirme la présidente du pays, Atifete Jahjaga.

Pour Shem Aliu, un militant de la société civile de 28 ans qui travaille sur des projets liés au développement économique et à la réconciliation financés par l’Union européenne, le Kosovo a beaucoup à offrir.

« Nous voulons rejoindre l’UE, nous voulons participer aux Jeux Olympiques, nous voulons être membres d’organisations comme la FIFA… Nous voulons montrer au monde notre meilleur visage : celui d’une jeunesse bourrée de talent », confie-t-il. « L’isolement dont nous sommes victimes ne fait que renforcer nos aspirations. Nous croyons que des jours meilleurs nous attendent ».

Par Mary Fitzgerald



Willy Ronis, photographe social
11 avril, 2012, 8:51
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Willy Ronis, photographe social dans ART MEY1994052W00001-05-2

— Meyer (Tendance Floue) —

Willy Ronis est le fils d’un émigré juif d’Odessa en Ukraine et d’une pianiste juive lituanienne, ayant fui au début du xxe siècle lespogroms. Mélomanes, ils se rencontrèrent dans une amicale d’exilés russes et s’installèrent dans le 9e arrondissement de Paris. Après un emploi de retoucheur en photographie dans un studio réputé, « pour effacer les rides des dames », son père ouvre son propre studio sous le pseudonyme de Roness. Leur fils, Willy, naît à Paris au pied de la Butte Montmartre.

Willy Ronis veut devenir compositeur de musique. Mais lors de son retour du service militaire en 1932, son père, très malade, lui demande de l’aider au studio. Ainsi, Ronis fait lui-même les tirages de ses photos. Il est peu intéressé par la photographie conventionnelle, mais se passionne pour les expositions de photographies. Ses opinions politiques penchent à gauche ; il photographie les manifestations ouvrières de 1934. En 1936, son père meurt, le studio est vendu et la famille déménage dans le 11e arrondissement.

Période parisienne

À partir de cette date, il se consacre au reportage. Avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David « Chim » Seymour, photographes déjà célèbres. Il a également l’occasion de connaître Kertesz, Brassaï et Cartier-Bresson. Mais, par rapport à la vision de ses pairs, Willy Ronis développe une véritable originalité, marquée par l’attention portée à « l’harmonie chorale des mouvements de foule et à la joie des fêtes populaires ».

Après la Seconde Guerre mondiale, il entre à l’agence Rapho et, soutenu par son ami Roméo Martinez, collabore à RegardsTime ou Life.

Belleville-MénilmontantSur le fil du hasard et Mon Paris sont parmi les livres importants qu’il a publiés. On a alors pu dire que Willy Ronis, avec Robert Doisneau et Édouard Boubat, est « l’un des photographes majeurs de cette école française de l’après-guerre qui a su concilier avec talent les valeurs humanistes et les exigences esthétiques du réalisme poétique ». Il participera dans les années 1950 au Groupe des XV aux côtés de Robert Doisneau, de Pierre Jahan ou de René-Jacques pour défendre la photographie comme une véritable expression artistique.

Période vauclusienne

Dans les années 1970-1980, parallèlement à ses activités de photographe, il consacre beaucoup de temps à l’enseignement : à l’École des Beaux-Arts d’Avignon, puis aux facultés d’Aix-en-Provence et de Marseille. Il y crée un cours d’histoire de la photographie et Pierre-Jean Amar le rencontre alors. En 1972, il s’installe à L’Isle-sur-la-Sorgue.

En 1979, il reçoit le Grand Prix national de la photographie, décerné par le ministère de la Culture (France).

En 1983,sur les conseils de Guy Le Querrec, Claude Nori publie sa première monographie Sur le fil du hasard aux éditions Contrejour, lequel recevra le Prix Nadar et l’encouragera à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets. La même année, il lègue son œuvre à l’État français.

En 2001, il crée sa dernière série de photos. En 2005-2006, l’Hôtel de ville de Paris présente une rétrospective de son œuvre parisienne qui remporte un succès considérable avec plus de 500.000 visiteurs.

Aujourd’hui l’œuvre de Willy Ronis est exposée dans le monde entier et ses images figurent dans les collections des plus grands musées.

Il meurt dans la nuit du 11 au 12 septembre 2009 à l’âge de 99 ans.



La Nuit Nomade
11 avril, 2012, 8:40
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Synopsis
C’est peut-être la dernière migration pour Tundup, la fin de sa vie nomade sur les hauts plateaux himalayens. Quand les marchands arriveront, Tundup et les siens devront choisir : vendre leur troupeau, abandonner leurs terres et partir à la ville comme tant d’autres avant eux, ou rester au Karnak. Où seront-ils le plus heureux ?
A 4500 mètres d’altitude, dans un décor lunaire où le ciel se mêle à l’immensité minérale, la réalisatrice Marianne Chaud a filmé les déplacements de ces derniers nomades. Immergée de longs mois dans leur communauté, parlant leur langue, elle a placé sa caméra au plus près de leurs voix et de leurs gestes, offrant aux spectateurs des rencontres d’une rare intimité. Autant que la splendeur des paysages, l’extrême rudesse des conditions de vie ou l’émotion partagée avec ces nomades, c’est cette proximité qui crée la magie du film.

Date de sortie : 4 avril 2012 (1h 30min) 
Réalisé par : Marianne Chaud
Avec : Tundup, Kenrap, Toldan…
Genre : Documentaire



PRESIDOKU : LA « CAMPAGNE » AUTREMENT
9 avril, 2012, 2:05
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PRESIDOKU : LA

Un blog de Damien Chavanat (Textes et illustrations) et Louis Chavanat (Textes), moyen original de suivre les élections présidentielles 2012. illustrations et jeux « récréatifs », déjà 27 parutions. Bloguons autrement !

Plus sur : http://www.presidoku.com/

 + AmenEtAlors +



LA BLOGOTHÈQUE : QUI SONT-ILS ?
9 avril, 2012, 12:57
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« A take away show » produit (les concerts à emporter) /Givers – Meantime/

La Blogothèque est un weblog musical, édité par l’association la Blogothèque.

Ah ? Vous avez cliqué en bas de la page ? Flute, on n’a pas fini d’écrire ce texte de présentation. Alors, tiens, séquence nostalgie, on vous remet celui d’avant, écrit en septembre 2004. Il doit y avoir de bons trucs dedans.

QUI SOMMES NOUS ?

Pour la plupart blogueurs, nous nous sommes retrouvés ensemble parce que nous aimions la musique, que nous aimions la partager, en parler, et parce que nous nous sommes dit qu’il y avait sans soute une place pour rassembler tous ces points communs sur le web.

UN SLOGAN

« Musique, partage sont deux mots qui vont très bien ensemble ». C’est pratique : on emprunte au Beatles, il y a pire comme référence. Et ça résume bien l’esprit : on vous vous faire partager notre amour de la musique, notre expérience et notre vécu de certaines chansons, et vous emmener en découvrir chaque jour de nouvelles.

UN WEBLOG ? UN WEBZINE ?

Un weblog avec autant de contributeurs est-il encore un weblog ? Ne ferait-on pas mieux de s’appeler webzine ? Ce sont deux questions légitimes. Les réponses sont respectivement « oui » et « oui et non ».

Oui, la Blogothèque est encore un weblog, ne serait-ce que par l’organisation chronologique des articles. Aussi parce qu’elle s’appuie en grande partie sur des liens, qu’elle vous envoie souvent butiner ailleurs. Encore parce qu’elle parle souvent de la musique d’un point de vue très personnelle, n’a que très rarement de prétention journalistique, pour privilégier la narration et (j’aime beaucoup ce mot, désolé), le partage.

Oui, la Blogothèque est aussi un webzine. Mais un webzine adapté à internet. Pas la peine,nous sommes nous dit, de faire un site pour y publier chroniques et interviews. Plein d’autres webzines font déjà ça très bien, mieux que nous le ferions nous mêmes. Mais surtout, nous voulons avant tout valoriser le fait d’être sur le web…

ON A MÊME UNE PHILOSOPHIE

Internet est aujourd’hui un endroit comme aucun autre pour y découvrir de la musique. Des labels intelligents proposent des mp3 légaux de leurs artistes, des webradios diffusent des playlists rêvées, des fous furieux nous y font découvrir des artistes improbables, de jeunes groupes s’y installent pour s’y faire connaître avant d’être signés.

On a trop tendance, aujourd’hui, à considérer les relations musique/internet avec un manichéisme qui nous dérange. D’un côté les méchantes maisons de disques qui ne pensent qu’à brîmer les consommateurs, de l’autre le peer-to-peer vanté comme lieu d’une liberté par les uns, comme un lieu de pillage par d’autres. Nous ne nous avancerons pas dans ce vaste débat.

Nous voulons seulement montrer qu’il y a d’autres voies, qu’il est aujourd’hui possible de découvrir de nouvelles musiques en toute légalité, sur Internet. Et que le web est devenu, grâce aux webzines, aux blogs, aux communautés, le meilleur moyen de ressusciter un mode de relation à la musique, de propagation de la musique qui a tendance à disparaître : la transmission, l’inspiration, le conseil d’ami…

COMMENT C’EST FAIT

Le weblog et les news seront les deux rubriques où nous guiderons chaque jour vers ces musiques à écouter. Et nous n’avons pas peur de tomber à sec. Nous garderons l’esprit weblog, en nous lâchant sur des coups de coeur ou des coups de gueule. Les articles, eux, seront l’endroit où on vous endira plus.

Sur le MP3Blog, nous proposons chaque jour des morceaux que nous aimomns particulièrement, les pépites de nos discothèques respectives. Ces mp3 là ne sont pas mis à disposition légalement, c’est pourquoi nous ne les laissons en ligne que peu de temps. Nous élargissons un peu le droit à la copie privée pour donner envie à nos lecteurs d’acheter des musiques vers lesquelles ils ne seraient pas forcément allés a priori.

Plus sur : http://www.blogotheque.net/serie/concert-a-emporter/



JR (artiste)
9 avril, 2012, 12:21
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JR (artiste) dans ART portraitBlaze1

portraitLadj1 Art dans CULTURE

— JR – BasilicStudio // aKkY — PORTRAIT OF A GENERATION —

JR, né le 22 février 1983, est un artiste contemporain français. Il expose ses photographies en noir et blanc dans la rue, qu’il qualifie de « plus grande galerie d’art au monde ».

Il expose librement dans les rues du monde entier, attirant ainsi l’attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement. Son travail mêle l’art et l’action et traite d’engagement, de liberté, d’identité et de limite.

Après avoir trouvé un appareil photo dans le métro parisien en 2001, il explore l’univers de l’art urbain européen et suit ceux qui expriment leur message sur les murs. Puis, il commence à travailler sur les limites verticales, observant des gens et des tranches de vie dans les sous-sols interdits et sur les toits de la capitale.

JR crée « l’art infiltrant » qui s’affiche, sans y être invité, sur les immeubles des banlieues parisiennes, sur les murs du Moyen-Orient, sur les ponts brisés d’Afrique ou dans les favelas, au Brésil. Des gens qui vivent souvent avec le strict minimum découvrent quelque chose d’absolument superflu. Et ils ne se contentent pas de voir, ils participent. Des vieilles dames deviennent mannequins pour un jour, des gosses se transforment en artistes pour une semaine. Dans cette action artistique, il n’y a pas de scène qui sépare les acteurs des spectateurs. 

Après les expositions locales, les images sont transportées à New York, Berlin, Paris, Amsterdam, Los Angeles ou Shanghai où les gens les interprètent à la lumière de leur propre expérience. Comme il reste anonyme et n’explique pas ses immenses portraits grimaçants, JR laisse un espace libre pour une rencontre entre un sujet/acteur et un passant/interprète.

Plus sur : http://www.jr-art.net/



Clark Magazine
9 avril, 2012, 12:07
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Cette 51e couverture de CLARK MAGAZINE est le lieu de rencontre des fleurs souriantes et monstrueuses de la pensée de TAKASHI MURAKAMI et de l’engagement de JR pour un monde meilleur.

Pour clôturer l’année de nos 10 ans, Clark magazine s’est engagé. Le magazine français a tenu à réunir deux artistes qui auront certainement le plus marqué l’histoire du magazine.

D’un côté, JR, 28 ans. Pour Clark, JR a trouvé le temps de se photographier avec TAKASHI MURAKAMI dans son studio Inside Out, avec en fond sa trame devenue désormais légendaire.

De l’autre, TAKASHI MURAKAMI, l’artiste au style « Superflat » honore donc une nouvelle fois la sacro-sainte couverture du magazine, qui marque son dernier passage à Paris à l’occasion de l’hommage qu’il rend à Yves Klein depuis le 20 octobre dernier.

Clark Magazine immortalise cette rencontre, confond haute et sous-culture à travers une couverture historique et inédite, accompagné d’un dossier de 12 pages comportant un making-of de la rencontre, ainsi qu’une interview de JR dans son studio parisien, en pleine préparation de son exposition.

Clark Magazine dans ART logo

Clark Magazine 51
Novembre-décembre 2011 / November-December 2011 Couverture exclusive réalisée par JR (France) et Takashi Murakami (Japon) Exclusive Cover by JR (France) and Takashi Murakami (Japan) ©2011 Takashi Murakami / Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved. ©2011 JR-ART.NET

http://www.clarkmagazine.com/store/5-magazines



THE DEATH SET : LES NOUVEAUX BEASTIE BOYS
9 avril, 2012, 11:41
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The Deathset est une sensation electro-punk venue de Baltimore, dans le Maryland.

Johnny Siera et Beau Velasco se sont rencontrés en 2005 en Australie, avant de déménager à Baltimore. Après deux EP, ils enregistrent Worlwide. L’album bénéficie d’un gros buzz, alimenté par la chanteuse Santogold, elle-même au sommet de la hype.

Elus 5e meilleur nouveau groupe de 2008 par l’hebdo anglais NME, le groupe américain joue un punk rapide et efficace agrémenté de stridences digitales, entre les Crystal Castles et Le Tigre.

« THEY COME TO GET US  » est visible en « 3D » (un plus), et rappel celui des Beastie Boys « Intergalactic ». Du psychédélique et du Geek…

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LES CLICHÉS CÉLÈBRES POSENT AVEC LEUR PHOTOGRAPHE
9 avril, 2012, 11:21
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LES CLICHÉS CÉLÈBRES POSENT AVEC LEUR PHOTOGRAPHE dans ART fefezf

USA – Le site WIRED propose une série de photos où les photographes posent avec leur clichés mondialement connus. Du World Trade Center à la place Tiananmen, une bel hommage aux hommes qui immortalisent les moments importants de l’histoire. Photos de Tim Mantoani.

1- Steve McCurry holds his 1984 photo of a young woman from Peshawar, Pakistan. « I looked for this girl for 17 years and finally found her in 2002. Her name is Sharbat Gula. »

2- Harry Benson : « Brian Epstein — Beatles’ manager — had just told them they were number one in America, and I was coming with them to New York, 1964. »

3- Neil Leifer holds his photo, Ali vs. Liston, which he took on May 25, 1965 in Lewiston, Maine

4- Lyle Owerko : « No one knew such a beautiful warm day would serve as the backdrop to one of the most painful and confusing events to the heart of mankind. This picture is one small part of such a huge event that ties the threads of thousands of stories and millions of people together.

Written words will never convey the whole scope of the event, nor even summarize the sounds, the smells or even the voices that are frozen in my memory bank from that day. I did the best job I could in photographing 9/11 so that future generations would have an idea of the scope of what happened, to have the evidence of how innocence can so easily be snatched away in a razor’s edged moment of time.

My hope is that in time the wounds and pain will heal and that wisdom and peace will prevail among the darkness of this event, so that humanity can move forward into a time of grace and understanding. »

Source – Golem13



RUBBER
8 avril, 2012, 8:44
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Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence.

Regardez l’étrange objet que voilà ! Pensez donc, un pneu vivant, serial killer – et lover – qui réduit ses proies (lapin, corbeau, policiers…) en bouillie par la seule force de son frétillement. Le gore, ça éclabousse toujours un peu. Dupieux assume et explose des crânes comme dans un bon vieux Romero. Regardez le déroutant objet que voilà ! Les spectateurs sont bien là, en chair et en os, parqués dans le cadre, tels des avatars de nous-même scrutant avec gourmandise cette belle société du spectacle. En trois longs métrages (Nonfilm, Steak), Quentin Dupieux s’est imposé comme l’unique cinéaste situationniste de France et de Navarre, et ce bien que son obscur objet de désir ait été tourné dans les grands espaces américains, avec un simple (!) appareil photo. Rubber est peut-être son film le plus théorique, opérant – nous l’avons dit – une mise en abîme directe du spectaculaire, tout en développant à travers les exploits de cet être en caoutchouc, la science du no reason. Une science qui élève l’absurde au rang des beaux-arts et permet, en début et en fin de parcours, une tirade jouissive. Ce joyeux bordel est dangereusement rythmé aux sons électroniques et atmosphériques de Mr Oizo, alias Dupieux himself, et Gaspar Augé, la moitié de Justice. Courez voir l’objet intelligent que voilà ! Jouissif. 

Par (Studio Ciné Live)


METALHEADS
8 avril, 2012, 8:18
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JÖRG BRÜGGEMANN a voyagé pendant 3 ans dans le monde entier pour capturer les aspects internationaux du phénomène Heavy Metal. Une exposition en cours à Berlin retrace son travail photographique http://usshop.gestalten.com/metalheads.html

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Metalheads : The Global Brotherhood
Jörg Brüggemann – 28 x 22.5 cm – 144 pages – Anglais



WRONG
8 avril, 2012, 6:38
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Après Rubber, le français Quentin Dupieux revient avec son nouveau film WRONG dont voici le trailer. Sélectionné avec ce film pour le Festival de Sundance, Quentin Dupieux sera le seul réalisateur français présent cette année.

Sortie prévue pour juin 2012
Written, shot, directed & edited by Quentin DUPIEUX.
Produced by Gregory BERNARD.
Cast : Jack PLOTNICK, Eric JUDOR, Alexis DZIENA, Steve LITTLE, William FICHTNER…
Music : Mr OIZO + TAHITI BOY

Plus d’infos à venir : http://www.wrongthemovie.com/



EN EUROPE, LA VAGUE MÉLENCHON INTRIGUE ET SÉDUIT
8 avril, 2012, 4:48
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EN EUROPE, LA VAGUE MÉLENCHON INTRIGUE ET SÉDUIT dans CULTURE ac_melenchon_bastille_portrait_1200_02

— Yves, le 18 mars à la Bastille (Audrey Cerdan/Rue89) —

La manifestation place de la Bastille a fait office de déclencheur médiatique, la percée dans les sondages l’a confirmée : la vogue Mélenchon intrigue et inspire les observateurs étrangers.

Les correspondants de la presse étrangère n’ont pas tous vu venir cette percée. Depuis, ils se rattrapent, et multiplient les papiers sur le troisième homme de la campagne, surnommé « le pitbull qui aimait la poésie » ou encore « l’homme à la cravatte rouge ».

Suisse. Jean-Noël Cuénod, correspondant du journal La Tribune de Genève à Paris, qui l’a décrit comme l’héritier du révolutionnaire Gracchus Babeuf, ne cache pas son plaisir : « Ça nous change de l’épicerie Le Pen à la troisième place ! », tonitrue-t-il. Et c’est avec une certaine fierté qu’il déclare avoir repéré Jean-Luc Mélenchon « il y a deux ans déjà » : « A mes yeux, c’est une sorte de retour à la normale, à une certaine France traditionnelle, autoritaire, partageuse et égalitaire ! Il faut dire qu’elle est vraiment nulle cette campagne, ça fait du bien de voir un garçon talentueux. Et lui au moins, il sait parler français ! »

« Il a pas mal engueulé les journalistes »

Suède. La verve du « tribun » continue de surprendre les observateurs étrangers, pas vraiment habitués à ce style. Le flegmatique journaliste finalndais Johan Tollgerdt, qui contribue à plusieurs médias suédois, se rappelle ses réticences initiales :« Il a quand même pas mal engueulé les journalistes, qui n’avaient pas une très bonne opinion de lui au début. Et pourtant, les électeurs français ne se sont pas laissés impressionner, ils l’ont écouté. Jean-Luc Mélenchon est la preuve qu’il y a en France une sociale démocratie vivante, en laquelle ses habitants croient encore. »

Italie. Pour les observateurs étrangers, la popularité du candidat Mélenchon est le signe d’un possible sursaut de la gauche de la gauche, au-delà même des frontières françaises. L’Italien Alberto Toscano est collaborateur pour la RAI, et relève l’intérêt de l’engouement pour le Front de gauche pour les radicaux italiens : « Depuis son réveil brutal aux législatives de 2008, le parti radical italien est orphelin sur le plan intellectuel. Cette nouvelle composante politique qui fera sans doute partie du prochain gouvernement français intéresse plus que le PCF, qui apparaissait comme un partenaire un peu obsolète. »

« Une forme de pression dont on avait besoin »

Grèce. D’abord réticente, la journaliste grecque Ira Feloukatzi a changé d’avis lors d’une manifestation devant l’ambassade de Grèce à Paris en février : « Même si ses propositions me semblent assez utopiques, il parle de façon sensible du problème grec. C’est une forme de pression dont on avait besoin. »

La journaliste a noté un intérêt manifeste de la part de certains de ses concitoyens pour le candidat du Front de Gauche, qu’ils expriment notamment sur le Web : « Les Grecs sont bien informés et très friands de culture française. Il représente un rêve, dans lequel tout le monde ne doit pas nécessairement suivre les mêmes prescriptions et entrer dans le même moule. »

Petros, 23 ans, est jeune militant de Siriza, petit parti membre de la coalition de la gauche radicale grecque. Il a « évidemment » entendu parler de Jean-Luc Mélenchon : « J’ai trouvé que l’idée d’organiser une manifestation pour fêter la prise de la Bastille était fantastique. Plusieurs amis ont mis des photos des manifestants sur Facebook. Mais je me méfie de ceux qui ont appartenu à des gouvernements corrompus. »

Mélenchon inspire les syndicalistes belges

Belgique. Et si le candidat Mélenchon faisait une étape de leur côté de la frontière belge ? L’appel a été lancé par le FGTB, l’un des principaux syndicats belges, dans un communiqué suivant la mobilisation de « centaines de Belges » lors du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lille, le 28 mars. Paul Lootens, secrétaire général du FGTB, explique : « Nous avons constaté un élan spontané parmi les militants. Donc nous avons décidé de nous organiser en affrétant des bus pour les emmener à Lille. »

La campagne présidentielle est largement suivie dans la partie francophone du pays, où les socialistes sont bien implantés. Jean-Luc Mélenchon y est fort populaire et son mouvement cristallise l’espoir « de voir la concrétisation d’une nouvelle résistance de gauche en Europe », selon les termes du communiqué publié par la FGTB, au lendemain du meeting de Lille. Paul Lootens : « C’est encourageant de voir la gauche de la gauche reprendre des couleurs. Mais chez nous le contexte est différent, nous n’avons personne avec les mêmes talents d’orateur, ni un appareil militant aussi performant. »

Certains comptent pourtant bien s’inspirer des succès du candidat français. Le député Bernard Wesphael, par exemple : le chef de la formation écolo au parlement wallon a annoncé en début de semaine dernière qu’il quittait le parti dont il est l’un des fondateurs, tout en déclarant que s’il était français, il « voterait Mélenchon » : « Il y a un vide politique énorme entre la social-démocratie qui a trahi toutes ses valeurs et une droite de plus en plus arrogante. Je suis persuadé que le succès du Front de gauche est le signe que quelque chose bouge en Europe. C’est un phénomène qui va faire tache d’huile et dépasser les frontières. »

Le parlementaire indique qu’il est actuellement « en train de vérifier si une telle mouvance aurait une place en Belgique ». De leur côté, les représentants du Parti de Gauche ont fait savoir qu’ils suivaient ce projet de près.

« La gauche peut créer une dynamique »

Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne enfin, on note que l’engouement pour le Front de gauche prouve que les rapports de force ne sont pas figés. Le Guardian fait ainsi un parallèle entre la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et les résultats d’un scrutin local à Bradford. George Galloway, candidat à forte personnalité du parti Respect, y a remporté une victoire très inattendue ce mardi : « Dans les deux cas, il s’agit d’ex-membres du principal parti de gauche qui, en usant d’un charisme populiste et radical, ont su mobiliser les électeurs soumis à l’austérité contre une élite ayant échoué à leur fournir des solutions depuis des décennies. »

Si ces hommes ne représentent pas, selon lui, une menace réelle pour les grands partis, le journaliste du Guardian ajoute : « Mélenchon et Galloway viennent rappeler que la gauche peut créer une dynamique politique si elle est prête à se faire la porte-parole des préoccupations réelles des gens. »

Lisa Fabian et Zineb Dryef/Rue89



PORTRAITS D’AFGHANS
8 avril, 2012, 3:49
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Le corridor du Wakhan est situé dans le nord-est de l’Afghanistan, une région peu fréquentée par les étrangers. Les photographes Français Fabrice Nadjari Houin et Cédric (alias Varial) ont réalisé cette série de photos fascinante.

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Cette zone rurale compte environ 12.000 résidents et parcourt ​une longue bande de terre bordée par le Tadjikistan, le Pakistan et la Chine, un mélange éclectique d’influences culturelles. Les photographes ont réalisé des portraits de ces habitant en train de poser avec « leur » Polaroïd (préalablement shooté). Beaucoup n’avaient jamais vu une photographie. Les photographes ont cherché à capturer ce moment avec leur souvenir en mains. Cette touchante série de clichés va être exposée à la Milk Gallery de New York du 18 mai au 23 mai 2012.

http://www.mymodernmet.com/



MOEBIUS
8 avril, 2012, 12:44
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Moebius, alias Jean Giraud, est mort le 10 mars. Il avait 73 ans. Il était l’un des rares auteurs de BD à passer de la SF au western. En 2010, à l’occasion de sa riche exposition à la Fondation Cartier, nous l’avions rencontré.

C’est l’homme aux deux noms et aux activités multiples : auteur et dessinateur de BD cultes, de Blueberry à L’Incal ; cofondateur de Métal hurlant en 1975, magazine expérimental et transgressif de bande dessinée SF ; collaborateur sur des films (Alien, Tron, Abyss, Le Cinquième Elément…). Unique dans la bande dessinée française, il a bouleversé les formes et les codes de sa discipline et on le célèbre dans le monde entier. Aujourd’hui, il sort Arzak l’arpenteur, qui redonne vie au héros d’une bande dessinée mythique publiée en 1975. Pour rendre hommage à cette carrière protéiforme et sans cesse réinventée, la Fondation Cartier lui offre une impressionnante exposition sur le thème de la transformation.

Vous êtes à la fois Jean Giraud, père du lieutenant Blueberry, et Moebius, auteur et dessinateur de bandes dessinées de science-fiction. Pourquoi cette double identité ?

Moebius – Il était vital pour moi de prendre un pseudonyme, j’avais besoin d’un mot de passe pour naviguer d’un monde à un autre et pouvoir en revenir. Mais Jean Giraud et Moebius n’ont toujours fait qu’un. Il y a eu une mutation de la bande dessinée dans les années 1960-70 et je suis un des rares transfuges d’un genre à un autre. J’ai l’impression d’avoir réussi cette mutation sans abandonner le point d’origine.

L’idée de transformation revient souvent dans votre oeuvre et c’est aussi le thème de votre exposition…

Ce qui m’intéresse, c’est plutôt la difficulté à garder son identité et sa forme dans la métamorphose. Ça vient peut-être de ma bipolarité mais j’ai toujours eu du mal à garder les formes stables. Quelque chose glisse en moi qui rend les choses évanescentes. Le thème de la transformation subie s’est donc imposé. Quand mes personnages vivent normalement et que soudain des excroissances commencent à leur pousser, ce n’est pas normal mais monstrueux, presque une pathologie cancéreuse, une anarchie cellulaire ! L’instabilité physique que je traduis dans mes dessins rejoint l’angoisse de la folie, comme une métaphore de l’instabilité psychique.

Arzak l’arpenteur est la suite d’Arzach, histoire débutée il y a trente ans. Comment le personnage a-t-il évolué ?

Il y a trente ans, cette histoire sans paroles très énigmatique avait quelque chose de transgressif. Arzach était une espèce de boule d’énergie. Ça se voit dans le graphisme, dans le thème, dans le choix de l’orthographe mouvante (l’orthographe du nom du héros change au gré de ses apparitions – ndlr) et dans l’utilisation que j’en ai fait au cours des années, qu’il a traversées sous forme de toutes sortes d’avatars – je l’ai décliné en posters, en dessins, en films… Généralement, je lui donnais le nom de Starwatcher, “celui qui observe les étoiles”. Récemment, la maison d’édition que nous avons créée avec ma femme et qui se consacrait à mes oeuvres un peu marginales s’est voulue plus ambitieuse. Nous avons pensé que ça serait bien d’avoir un vrai titre, avec un héros. Par ailleurs, des producteurs japonais m’avaient demandé un sujet pour un film d’animation. J’avais écrit un scénario avec Arzach. Mais la production s’est effondrée et le scénario est resté. Arzak l’arpenteur vient de tout cela.

Vous avez commencé à dessiner très jeune, dès les années 1950. Qu’est-ce qui vous a mené vers la BD ?

Je viens d’une famille sans tradition artistique, ni du côté de mon père, qui était d’une famille bourgeoise, ni de celui de ma mère qui avait des origines paysannes. Je suis arrivé au dessin par deux biais. Dans la bibliothèque de mes grands-parents, il y avait pas mal de livres du XIXe siècle – pas de littérature mais des livres d’images, des gravures d’artistes comme Gustave Doré, Edouard Riou ou Alphonse de Neuville. Et parallèlement, à l’école, je retrouvais la culture de la jeunesse de l’époque, bercée par Tim l’Audace, Les Pieds Nickelés, Tintin… D’où ces deux pôles : le pôle Moebius, à travers tous ce graphisme du XIXe siècle, et celui de la BD purement productrice d’images simples pour enfants sur les thèmes de l’aventure.

Comment vous êtes-vous formé ?

J’ai travaillé avec Joseph Gillain (Spirou, Jerry Spring…) pendant un an. On peut dire qu’il m’a initié. J’étais déjà plein de sève, j’avais vendu beaucoup d’histoires dans les journaux mais ça partait dans toutes les directions, sans forme. Gillain a structuré pour toujours mon graphisme, c’était formidable. Un voyage au Mexique en 1956 m’a apporté de nouveaux thèmes qui annonçaient Moebius. Mais la maturation a été longue. C’est seulement quand je suis rentré à Paris que j’ai trouvé via la science-fiction une passerelle possible entre mes publications dans les journaux et mon exigence artistique.

Vous avez collaboré aux films Alien, Le Cinquième Elément. Comment avez-vous découvert la science-fiction ?

Quand j’étais adolescent, mon père m’a apporté un jour la revue Fiction, en me disant de la lire. Je lui ai obéi (rires) et j’ai vraiment aimé ! Cette revue mensuelle publiait des nouvelles traduites de revues américaines et des nouvelles françaises. J’ai découvert tous les grands auteurs, Heinlein, Asimov, Philip K. Dick, Jack Vance, Philip José Farmer, qui très vite sont devenus mes écrivains de référence. J’aimais la SF sociocosmique, où l’idée qu’un homme mis dans une situation d’extériorité représente le genre humain.

C’est cet intérêt pour la sciencefiction qui a engendré la création de Métal hurlant en 1975 ?

Il était nécessaire d’inventer ce magazine. Pour atteindre une capacité de création maximale, il fallait ruser d’une façon insupportable. Hergé avait créé une sorte de malentendu magique mais puissant : faire croire qu’il travaillait pour les enfants alors qu’il oeuvrait pour tout le monde, en expurgeant sa création de tout ce qui relevait de la sexualité. Nous voulions nous émanciper de cette méthode. S’émanciper, ça voulait dire travailler à l’intérieur, dans sa tête, mais aussi socialement, parce qu’il y avait des structures de surveillance très actives – l’Education nationale, les élus, les associations de parents et la police. Il ne faut pas oublier que, quand on a sorti Métal hurlant, on a aussi créé une revue appelée Ah ! Nana, son équivalent féminin et féministe. Elle s’est arrêtée au neuvième numéro après convocation au Quai des Orfèvres, avec interdiction d’affichage – ce qui signifiait la mort de la revue.

Vous y alliez fort aussi…

Ben non, il s’agissait d’un numéro spécial sur l’inceste, c’était cool ! (rires) En tout cas, ça secouait. A l’époque, l’expérimentation s’imposait, nous cherchions à établir une sorte de spectre de ce qui était possible. Pour ça, il fallait tester. Mais l’envie de bousculer, de choquer n’était pas si délibérée. Cela ressemblait aux sorties de classes, quand les élèves se déversent dans la cour de récré. Ils crient, et au bout de trente secondes, ça commence à se tasser. Nous, nous entrions dans la période “cri” ! C’était sympa comme tout. On avait en plus l’impression d’être à l’unisson de tout ce qui se passait en littérature, en musique, en mode, en art, une explosion artistique tous azimuts.

Vous aimez toujours la transgression ?

Pas systématiquement. Mais il y a des moments où elle est nécessaire. A l’heure actuelle, on est plutôt dans une période de résistance, de consolidation de conquêtes qui semblaient acquises mais qui, en fin de compte, ne le sont pas. Ce n’est pas facile. Et tous les gens qui par nature aiment la transgression doivent aujourd’hui ronger leur frein !

La résistance à l’autorité, c’est important pour vous ? J’ai vraiment un problème avec l’autorité et ceux qui l’incarnent, qu’il s’agisse d’un policier ou d’une personne dans mon entourage qui, d’un coup, devient autoritaire. Chaque fois, je dois faire un effort pour prendre du recul, sortir de ma pathologie de résistance ! Je dois reconstituer toute la structure sociale pour me dire que cette manifestation d’autorité peut se justifier – par deux millions d’années d’histoire ou je ne sais quoi ! En fait, je suis un anticorps à pattes ! (rires)

Vous n’avez jamais caché avoir pris de la drogue.

Ça faisait partie de la culture de toute une époque. J’ai utilisé le cannabis comme un outil de travail, à doses homéopathiques. Je fumais des herbes naturelles, ni traitées ni poussées. Une inhalation, même légère, me branchait sur une autre perception du monde, de moi-même, de mon réservoir émotionnel, de mots et de références. Ma relation au cannabis est particulière : j’ai été initié au Mexique en 1956 par des artistes qui m’ont transmis une sorte de cahier des charges : n’utiliser l’herbe que pour se transcender et surtout ne jamais mettre en danger son intégrité personnelle. Je ne me suis jamais trouvé dans une situation de dépendance. Je me désolidarise totalement de la manière, profane et perverse dont la fumette s’est répandue dans les sociétés occidentales. Voir des copains s’allumer des pétards le matin au réveil fut le signal de la dérive. Je me suis dit : “Mince, on sort du sacré !” Le cannabis est un maître un peu cruel, puissant et dangereux, il faut s’en approcher avec beaucoup de précautions et de méfiance.

Etes-vous à l’aise avec votre succès ?

J’ai très vite considéré le talent de dessinateur comme une sorte de passe-droit extraordinaire, avec tout ce que ça peut impliquer comme risque de corruption. Le succès donne un pouvoir, ça permet de couper les files d’attente. Récemment, j’étais à la Poste pour retirer un recommandé et je n’avais pas ma carte d’identité. Le gars me dit : “C’est pas la peine, monsieur Moebius, je vais vous apporter votre paquet.” Chaque fois, je m’interroge, juste pour éviter que ça aille de soi. Même si c’est ce que je désirais. On ne commence pas une carrière artistique en se disant : “Je ne veux pas être célèbre, je ne veux pas être aimé”. Je prends le succès avec l’esprit tranquille. L’exposition de la Fondation Cartier, c’est une volonté d’aller de l’avant, de progresser, d’étendre toujours l’image le plus loin possible, sans restriction. J’ai voulu être connu, non seulement par mes contemporains mais aussi dans l’avenir et me retrouver réintégré dans le passé. Etre connu aussi des anges, reconnu par les hiérarchies, célestes ou pas ! (rires)

Recueilli par Clarisse Bouillet et Anne-Claire Norot (Les Inrocks)


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