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« Lui »
6 septembre, 2013, 10:16
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Léa Seydoux nue, recouverte partiellement d’un voile noir. La couverture du magazine Lui a tourné partout dans les kiosques et même sur des bus. Léa Seydoux a de très beaux seins, ce que l’on savait déjà puisqu’on les avait vus dans « La Belle Personne » de Christophe Honoré puis « Grand Central » de Rebecca Zlotowski.

La suite, il fallait attendre le 5 septembre pour la découvrir, jour de sortie du mensuel Lui nouvelle version, déclinaison chic-cool du magazine culte des années 70, vendu au prix de 2,90 euros.

Journal pour « hétéros-connards »

Avant d’arriver à l’édito de Frédéric Beigbeder, le directeur de la rédaction, neuf doubles pages de publicité. En chemin, l’ours du journal, où l’on découvre que la rédactrice en chef de Lui est Yseult Williams, ancien grand manitou de Grazia, journal féminin qui a réussi son lancement en 2009.

Comme pour Vanity Fair version française, très peu de journalistes salariés. Mais trois rédacteurs en chef pour commander de la copie à des collaborateurs extérieurs. Parmi eux, des jeunes journalistes freelance qu’on connaît bien à Rue89 (Anna Borrel, Augustin Scalbert), des plumes (Marcela Iacub, Nicolas Rey, Gaspard Proust, Patrick Besson). L’ours nous vend aussi des séries mode branchées et prestigieuses (Olivier Zahm, Terry Richardson).

Dans l’édito, c’est cool, Beigbeder assume : il explique qu’il a vu les hommes disparaître cet été à Guéthary (Pays basque). Ce magazine est un dernier hommage au « connard d’hétérosexuel » ou « néo-beauf ». Ce mec qui « drague lourdement », « boit trop » et « parle politique en faisant des moulinets avec ses petits bras musclés ». Attention : le lecteur de Lui se touche le sexe devant les matches de foot, mais il a beaucoup d’argent et s’habille super bien.

Dans les pages « shopping » du journal, les produits proposés sont haut de gamme. Genre on vous propose d’acheter le sac « polochon » de Dior Homme à 2 250 euros. Ou des enceintes sans fil hi-fi pour smartphone à plus de 500 euros.

Lui propose aussi des « cadeaux pour se faire pardonner en cas de gros dérapage » auprès de votre nana : un collier en or rose à 490 euros ou un rouge à lèvres Dior à 34 euros. Mais bien sûr.

Calories et « name-dropping » façon Beigbeder

Le premier article est signé Frédéric Beigbeder. Un papier à la sauce GQ – il y faisait un grand déjeuner-interview jusqu’en 2011. Ici encore, il bouffe avec une personnalité et il retranscrit, coupe et ajoute des apartés – ce qu’il s’est passé dans sa tête ou ce qu’il aurait voulu qu’il s’y passe.

Pour le premier numéro, Beigbeder a diné avec Daniel Filipacchi, celui qui a eu l’idée du Lui ancien, chez Allard. Ils étaient accompagnés de leurs femmes, Christelle et Lara, parce qu’il n’était pas question de faire un dîner « entre vieux garçons ». Mais dans l’article, elles n’apparaissent pas, gommées du résultat final. Faut quand même pas déconner.

Les couples Beigbeder et Filipacchi mangent des grenouilles et du foie gras. Ils parlent de l’époque où François Truffaut tenait la chronique cinéma de Lui. Calories et « name-dropping ». On apprend aussi que Filipacchi a un jour échangé son appartement à Megève contre une porte peinte par Max Ernst. Divertissant.

Les fesses menues de Vallaud-Belkacem

Plus loin, on tombe sur une chronique politique de Thomas Legrand qui est parti des Inrocks au moment de l’arrivée d’Audrey Pulvar. Il écrit un texte sur l’impuissance (sexe mou) des hommes politiques : « Les prélos terminé, Rocco Obama est en condition, promis, de réguler la finance, fermer Guantanamo, faire revenir la croissance. Le peuple américain attend toujours, assis sur son lit. »

D’autres chroniques plus loin : Besson sur le cinéma qui « spoile » le scénario du prochain Woody Allen, et Marcella Iacub qui propose aux hommes de se faire stériliser et déposer leur sperme dans des banques prévues à cet effet pour ne pas devenir pères contre leur volonté.

Un papier fait parler de lui depuis déjà quelques jours : un essai de Nicolas Rey sur son désir pour Najat Vallaud-Belkacem, intitulé « Attrape-moi si tu peux ». La ministre des Droits des femmes est installée, grâce à un montage Photoshop, sur le fauteuil en rotin du film érotique « Emmanuelle » (1974) de Just Jaeckin : « Najat, sa coupe à la garçonne, ses fesses menues, son corps sec et nerveux. »

Nicolas Rey dialogue avec Maxime, son conseiller en com’ : « Ecoute, Maxime de 28 ans. Najat sera dans le premier numéro. Pourquoi ? Parce que, comme Henry Miller, je suis un désespéré de l’amour. Je scalpe, je tue. Je suis insatiable. Je veux tout de Najat : cheveux, poils, cérumen, caillots de sang séché, n’importe quoi, je le dévore. »

L’article se finit tristement : Vallaud-Belkacem accepte que Nicolas Rey monte dans sa voiture. Mais l’ambiance tourne petite fille, elle lui dit que son mot préféré dans la langue française est « évanescent » et qu’elle aime par dessus tout « Autant en emporte le vent ».

Plus loin, des pages « newcomers » : on vous présente les personnalités de demain. Un papier sur les « Milf » (« Mum I’d like to fuck »), grand classique des magazines de mecs, avec comme accroche actu le retour de Robin Wright dans « House Of Cards ». Des petites choses à lire, des anecdotes : le jeu vidéo « Fifa 13 » est une des principales causes de divorce au Royaume-Uni.

Léa Seydoux nue sur un vieux parquet

Au milieu du journal, Beigbeder revient avec son format préféré : cette fois il ne dîne pas, il passe rendre visite à Léa Seydoux dans l’hôtel particulier de sa grand-mère pour recueillir ses confidences (il l’avait déjà croisée à un anniversaire en 2010, on a l’impression que toutes les personnes interviewées ont été piochées dans le répertoire de son portable).

Beigbeder interroge Seydoux sur le tournage de « La Vie d’Adèle », Palme d’or à Cannes : « Je n’avais jamais vécu un tournage similaire. C’était éprouvant. Je n’arrivais plus à respirer tellement j’étais angoissée, j’ai dévalisé toutes les pharmacies de Lille. »

Puis, série photos avec Léa Seydoux nue sur un vieux parquet. Ses seins à nouveaux sous tous les angles. Je les inspecte.

Plus loin, Augustin Scalbert, ancien journaliste à Rue89, enquête entre Londres et New York sur la cocaïne dans le milieu de la finance.

Le dernier long article traite de l’amitié fusionnelle entre Julian Assange et Daniel Domscheit-Berg. Marrant de voir que WikiLeaks devient un marronnier de la presse masculine. L’espionnage plaît à l’hétéro-connard.

La docteure est une mannequin

Toutes les séries photos de fin de journal mettent en scène des filles nues : beaucoup de seins, de dos cambrés, de petites culottes, peu de sexes nus. Ce n’est pas pornographique comme dans la version passée de Lui.

Les dernières pages invitent à voyager, manger et boire. Hôtel à Bali, resto à Paris, bar à New York… La vie quoi, et comment se « mettre bien ». La page d’après explique comment bien cuisiner le cèpe.

Avec Tahar Rahim, on ne parle pas de cinéma mais on fait un bilan santé et on apprend que ses pieds le font souffrir en hiver. Le billet mondain non signé donne mal à la tête : toutes ces sorties en ville doivent être épuisantes.

Le journal se termine par le portrait d’Amanda Murphy, docteure devenue mannequin. Le fantasme absolu : « Si vous vous fêlez le col du fémur, vous avez une chance sur cinq de voir cette jeune femme se glisser dans la cabine d’IRM. »

Tout ça est très branché, friqué, érotique, classique, attendu, mais ça marche bien.

Nolwenn Le Blevennec – Journaliste Rue89


BAGUA – SPRING SUMMER 2012
8 avril, 2012, 5:06
Classé dans : MODE

BAGUA – SPRING SUMMER 2012 dans MODE ATWORKNB

C’est grâce au jeune photographe Manu Fauque que vous pouvez apprécier la collection SS’12 de Bagua. Ça sent la plage, l’été, les embruns… et tout ça avec pour star leurs jolis souliers. Ça se voit tant que ça qu’on attend déjà les vacances avec impatience ? Les pieds, pas dans l’eau mais dans des Bagua.



THE HUNDREDS x THE SEVENTH LETTER – SABER
8 avril, 2012, 12:18
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THE HUNDREDS x THE SEVENTH LETTER – SABER dans MODE thehundreds74351

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Comme d’habitude, l’équipe The Hundreds ne s’arrête jamais et ce n’est pas parce qu’ils sont hyperactifs qu’il y a à redire sur la qualité. Pour cette probable collaboration (des rumeurs parlent de juin 2012), ils feraient appel à Saber du crew légendaire, The Seventh Letter / AWR / MSK. On n’en sait pas plus mais Bobby Hundreds nous présente un profil sur cet artiste, sa carrière et son art.


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