Ne croire qu'en l'actualité

100 photos d’Ai Weiwei pour la liberté de la presse
12 septembre, 2013, 11:46
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Ai Weiwei à Pékin, le 27 septembre 2012 | REUTERS/DAVID GRAY

L’album annuel de Reporters sans frontières est généralement confié à un grand photographe de presse comme Don McCullin ou René Burri, ainsi mobilisé en faveur de la liberté de la presse.

Cette année, c’est un auteur bien particulier qui devient ainsi « ambassadeur de RSF » : Ai Weiwei, artiste chinois et lui-même victime d’atteintes à sa liberté d’expression, notamment en passant 90 jours en prison en 2011.

L’album, dont les bénéfices vont à RSF et à son travail en faveur de la liberté de la presse, permet de retrouver le parcours, l’oeuvre, les combats d’Ai Weiwei, dont le public français a pu découvrir le travail lors d’une grande expo au Jeu de paume et dans un documentaire l’an dernier.

Dès la couverture, on retrouve un des grands clichés d’Ai Weiwei : une photo de sa femme soulevant sa jupe devant le célèbre portrait de Mao sur la place Tiananmen à Pékin. On est en juin 1994, cinq ans après le massacre, et cette photo est le comble de l’irrévérence, de la provocation.

Mais surtout, comme l’écrit dans sa préface Christophe Deloire, le Secrétaire Général de RSF : « cet album 100 photos pour la liberté de la presse spécial Chine est un appel à la libération des 30 journalistes et 70 net citoyens en prison (selon les chiffres de RSF) pour avoir voulu rendre compte de la réalité de leur pays ».

A la veille de la sortie de cet album, une bonne nouvelle est toutefois venue de ce côté là : Shi Tao, le journaliste chinois condamné à 10 ans de prison pour avoir envoyé un email « subversif » à l’étranger, et qui a été jugé sur la base d’informations fournies par Yahoo, a été libéré avant l’expiration de sa peine.

Dans le même temps, toutefois, les autorités ont lancé une vaste campagne de « nettoyage » des « rumeurs » sur le web chinois, s’en prenant aux blogueurs et autres « journalistes-citoyens » qui ont pris une importance considérable ces dernières années.

Parmi les plus actif utilisateurs des réseaux sociaux, figure justement Ai Weiwei, dont l’activisme pour la liberté en Chine est un subtil mélange de Warhol et d’internet. Un esprit qui se retrouve dans ces « 100 photos d’Ai Weiwei pour la liberté de la presse ».

Pierre Haski – Rue89.com



In the Land of the Head Hunters
11 septembre, 2013, 4:26
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Le chef d’oeuvre de 1914 sur les indiens d’Amérique du Nord en version restaurée 

Motana, fils d’un grand chef indien, part à l’aventure pour acquérir des pouvoirs surnaturels. La nuit, il rêve de la belle Naida. Il se promet de l’épouser à son retour. Mais la jeune fille est aussi convoitée par le féroce Sorcier qui règne sur les chasseurs de tête. Craignant ses terribles sortilèges, Waket, père de Naida, lui a destiné sa fille. Une guerre entre tribus se prépare…

In The Land of the Head Hunters
De Edward S.Curtis
USA et Canada -1914, 67 mn
Date de sortie – 20 novembre 2013



Sexiste et beauf : voici Tony Abbott, nouveau premier ministre australien
8 septembre, 2013, 5:22
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Sexiste et beauf : voici Tony Abbott, nouveau premier ministre australien dans NEWS tony-abbott-data

C’est ce qu’on appelle un tour de magie politique. Ce samedi, Tony Abbott a conduit à la victoire sa coalition conservatrice, et devient premier ministre de l’Australie à l’issue des élections législatives.

S’il n’avait pas eu face à lui des travaillistes divisés, cette victoire n’aurait pas été si simple. Dans le passé, il avait même été surnommé « Monsieur Inéligible » par l’un des cadres du parti libéral.

Et en 2007, un ancien ambassadeur américain l’avait aussi critiqué dans une note publiée par WikiLeaks. Il disait que c’était un « homme marqué très à droite et qui polarise » et qu’il avait une « forte propension à se montrer insensible et à provoquer la controverse ».

Pour dire les choses plus clairement, à lire les sorties d’Abbott, on a parfois simplement l’impression d’avoir à fait à un gros beauf. Retour sur lesdites controverses.

Sexiste

Sur les femmes, le nouveau premier ministre australien a un avis bien à lui, mais pas très moderne. En 2010, il s’était lancé dans une tirade sur le repassage : « Les femmes au foyer australiennes doivent comprendre que si elles apportent leur linge à repasser au pressing, elles vont payer plus cher, mais en même temps, leur facture d’électricité sera plus élevée si elles font leur repassage elles-mêmes. »

En octobre 2012, il avait eu, après ces propos, l’audace de réclamer la démission du président du Parlement en raison de SMS « sexistes ». Julia Gillard, alors Première ministre, lui avait rappelé ces propos en le piquant : « Pour voir ce que c’est que le sexisme, l’honorable leader de l’opposition n’a pas besoin de lire une motion parlementaire, il n’a qu’à regarder un miroir. »

Elle lui avait aussi rappelé qu’il l’avait traitée de « sorcière ». Cette vidéo était devenue virale.

Sur l’avortement, il avait aussi affirmé en 2010 : « L’avortement, c’est la solution de facilité. Ce n’est pas très surprenant que les gens choisissent la sortie la plus confortable dans ces situations. »

Pas très éclairé sur l’écologie…

L’homme qui devient le premier ministre de l’Australie ne semble pas avoir un avis très réfléchi sur les questions climatiques. Lors d’une émission en 2010 sur la chaîne ABC, il avait dit : « L’argument du réchauffement climatique, c’est de la connerie absolue, mais les politiques sont dures pour nous parce que 80% des gens croient que le changement climatique est un danger réel et actuel. »

… ni sur l’immigration

A propos des « boat people », ces réfugiés qui tentent de gagner l’Australie pour une vie meilleure, dans un autre talk-show d’ABC News en août 2012, Tony Abbott avait lancé cette généralité : « Ces gens ne recherchent pas tellement l’asile, ils recherchent une résidence permanente. S’ils étaient heureux d’avoir des visas de protection temporaires, alors ils pourraient commencer à argumenter de manière plus crédible sur leur volonté d’accéder à l’asile. »

Ces idées lui ont encore valu, ce samedi, jour de l’élection, de faire face à des manifestants en colère alors qu’il visitait une école. Les manifestants criaient :

« Les réfugiés sont les bienvenus ! Abbott non ! »

« Va-t-en Tony ! »

Tandis qu’une femme portait cette pancarte :

« Tony Abbott : sexiste, raciste, bigot. »

… ni sur les Aborigènes

Sur les Aborigènes, il a aussi cumulé les déclarations controversées. Dans une émission de télé en mars 2010, il se vantait : « La culture occidentale est arrivée dans ce pays en 1788 et je suis très fier de cela. »

Puis, en juin de la même année, il avait estimé que pour que les inégalités raciales diminuent, il fallait que les Aborigènes acceptent les jobs qu’on leur propose : « Ce ne sont peut-être pas les meilleurs boulot pour eux mais quoi qu’il se passe, il faut juste qu’ils les fassent, et si c’est ramasser des ordures dans la communauté, c’est simplement quelque chose qui doit être fait. »

Certains Australiens n’oublient pas non plus des propos qui remontent à plus loin encore. En 2006, avec sa finesse toujours légendaire, Tony Abbott, alors ministre de la Santé, avait exprimé son point de vue sur des cérémonies mortuaires chez les Aborigènes : « Si vous voulez développer la culture du travail, vous ne pouvez pas avoir trois mois de saison de cérémonies et vous ne vous pouvez pas non plus prendre six semaines de congé parce que votre cousin est mort.

Je ne peux imaginer que longtemps avant l’arrivée de l’homme blanc, un décès forçait les gens à s’arrêter de chasser… »

Dans une tribune publiée sur le site The Age, trois chefs aborigènes avaient répondu : « Est-ce que le ministre dit des rites juifs, chrétiens ou musulmans qu’ils devraient changer ? »

Bigot

On l’a surnommé « le moine fou » parce qu’à 26 ans, il a décidé de rentrer dans les ordres pour finalement abandonner cette vocation trois ans plus tard.

Il est resté très proche de l’Eglise, a raconté qu’il valait mieux pour les femmes qu’elles restent vierges avant le mariage, et qu’il avait dit à ses deux filles que leur virginité était un « cadeau ».

Un type qui vendrait ses filles ?

Si Tony Abbott est parvenu à s’imposer lors de ces élections, c’est qu’il a réussi à bien contrôler son image pendant cette campagne et à miser sur le capital cool de ses filles. Contrairement à lui, elles sont ainsifavorables au mariage homosexuel.

Comme le raconte le blog sur l’Australie du Monde.fr, vendredi 6 août, en fin de course, il a tout de même laissé échapper cette perle à leur sujet. S’il fallait voter pour lui, c’est parce qu’il était « le mec avec deux filles pas désagréables à regarder »

Renée Greusard – rue89.com

 



Talons aiguilles, jupe en cuir, rouge à lèvres, porte-jarretelles
8 septembre, 2013, 5:10
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Talons aiguilles, jupe en cuir, rouge à lèvres, porte-jarretelles  dans CULTURE

Jeune et Jolie de Francois Ozon

Comme Isabelle dans “Jeune et jolie”, le film de François Ozon, des femmes, mais aussi des hommes, rêvent de vendre leur corps ou de coucher avec une prostituée, mais sans forcément passer à l’acte. Pourquoi et comment fonctionne ce fantasme.

Quand je me touche, j’aime imaginer que je suis la pute de service et que je ne coûte pas cher (ben oui, car je suis au rabais en plus).” Dans un billet publié en février sur son blog L’Introvertie perverse, Poupie déballe son fantasme. “Je trouve excitant de me soumettre aux caprices du client, qu’il ait une certaine autorité et qu’il me désire au point de payer (une maigre somme et une chambre d’hôtel) pour le plaisir de tripatouiller ma sympathique personne.”

C’est avec son mari, dans la chambre conjugale, que Poupie a assouvi son fantasme. Après s’être habillée “en prostituée” (jupe courte et rouge à lèvres), Poupie a rejoint son “client” avec un certain malaise : “Je ne savais pas trop comment me comporter. Je lui serre la main ? Je lui fais la bise ? J’essaie de le séduire ? Que faire ? Dans le doute, j’ai fait ce que je fais de mieux dans ce genre de situation : j’ai pris l’air gêné et arboré un semi-sourire niais combiné à une expression perdue.” La blogueuse raconte ensuite comment il lui a remis “une liasse de billets” avant de “l’examiner” (“il semblait relativement satisfait de son achat”) et de se lancer dans des ébats SM (car elle est aussi adepte des jeux sado-maso).

Poupie n’est pas la seule à fantasmer sur la prostitution. Rencontré sur un forum, Stéphane* avoue s’éclater avec son épousepour le fun”, sans mise en scène ni échange d’argent. “Elle voulait simplement que je lui achète pas mal de choses. Elle a eu les cadeaux qu’elle voulait.” Caroline*, 48 ans, assouvit son fantasme environ une fois par mois, également avec son mari. Un vendredi soir, vers 23 heures, son conjoint revient d’un déplacement.

“Je l’attendais sur le lit dans une tenue sulfureuse (une petite jupe courte en latex, des bas résille, des talons de 15 cm, un top noir transparent, des boucles d’oreille et un maquillage soutenu). Il arrive dans la chambre, ne dit rien, me regarde sans émotion, tourne autour du lit. Puis il passe sa main entre mes jambes, des talons jusqu’à mon sexe.”

Les ébats terminés, son mari laisse 50 euros et sort de la chambre. “Il est allé boire un café dans la cuisine. Pendant ce temps, j’ai mis ma nuisette classique, j’ai rangé mes vêtements érotiques, je suis descendue le rejoindre et lui ai demandé ‘Tu as passé une bonne journée mon chéri ?”, raconte Caroline avant de préciser que ce fantasme exige “de la maturité et beaucoup de confiance en l’autre car après l’avoir réalisé, tout redevient comme avant, avec le travail, le quotidien”.

Femmes ouvertes, maisons closes

Talons aiguilles, jupe en cuir, rouge à lèvres, porte-jarretelles : le fantasme passe, entre autres, par le (sous-) vêtement, qui fonctionne comme une barrière entre le quotidien et la sphère érotique. Une dissociation qui rejoint l’éternelle opposition de la maman et la putain. Pour Brigitte Rochelandet, docteur en histoire des mentalités et auteur d’une Histoire de la prostitution : du Moyen Age au XXe siècle(1), cette opposition véhiculée avec le christianisme a connu un pic au XIXe siècle.

“La femme devait élever les enfants, être au foyer, bien sage. La prostituée avait un côté femme libre, elle était celle à qui on demandait des choses C’est aussi son univers qui fait fantasmer, avec d’un côté Pigalle, ses spectacles, ses bars à escort et ses sex-shops, et de l’autre les mythiques maisons closes, “un endroit secret où l’on imaginait des tentures, des tapisseries et des femmes très belles, alanguies”, explique Brigitte Rochelandet.

Malgré leur fermeture, le cliché a perduré, véhiculé par les vitrines du Quartier rouge d’Amsterdam. Que dire de Zahia, ancienne escort devenue businesswoman ? “Il y a un côté tellement conte de fées chez elle, c’est Cendrillon ! Ça renvoie une image lisse et donc rassurante de la prostitution, qui plaît aux gens”, décrypte l’historienne. Un conte de fées qui sert de trame au film culte Pretty Woman, où Julia Roberts loue ses services à Richard Gere avant qu’ils ne tombent amoureux l’un de l’autre.

Des billets sur le corps

Le fantasme de la prostitution déborde le cadre de cet imaginaire pour s’appuyer sur une autre pulsion : voir son propre corps chosifié. “Pouvoir abandonner son corps, être un objet, reste un élément d’excitation”, analyse Philippe Brenot, psychiatre, anthropologue, thérapeute conjugal et auteur de deux enquêtes approfondies sur les sexualités masculine et féminine(2). Enfin, beaucoup seraient excités par le jeu de domination/ soumission qui se dessine en arrière-plan et repose en grande partie sur l’échange d’argent (ou toute autre compensation).

Qualifié d’“aphrodisiaque” sur nombre de forums, l’argent apparaît comme l’attrait principal de ce fantasme. Un internaute nous confie que cela lui permet de “tout demander, tout exiger” de sa partenaire. Estelle*, 26 ans, avoue “aimer avoir des billets sur (son) corps”. Dans un article consacré à son fantasme de prostitution, posté le 30 mai sur Sexactu, son blog hébergé sur le site de GQ, l’écrivaine Maïa Mazaurette mène la réflexion plus loin. Pour elle, “faire payer est une affirmation politique qui relève d’un mélange de réalisme et d’arrogance”:

“C’est une réaction au fait qu’une femme doive toujours faire profil bas, toujours prétendre ne pas avoir conscience de sa position sur l’échiquier du sexe, explique-t-elle. Il y a un aspect voyeuriste (dans ce fantasme) : découvrir chez un homme la partie de lui qu’il n’ose pas révéler à une femme gratuite.”

L’argent ne symbolise donc pas forcément la domination du client sur la prostituée. Il permet aussi à la femme de prendre les commandes. “La femme n’est pas contrainte à la passivité. C’est un fantasme libérateur”, assure Philippe Brenot.

Beau gosse et joueur

La prostitution est-elle un fantasme exclusivement féminin ? En majorité, affirme Philippe Brenot, qui en souligne le caractère “très personnel” : “Pour certaines, ce fantasme va être excitant, pour d’autres, insupportable.” Les hommes, eux, s’intéressent davantage au fait de coucher avec une prostituée, comme Benjamin*, 36 ans, qui y pense “en solitaire”. “Avec ma femme, nous avons une sexualité tout à fait dans la norme, je n’ai pas envie qu’on me juge pour mes envies”, explique-t-il en précisant qu’il ne va jamais voir de prostituées. “J’y ai déjà pensé, j’ai déjà consulté des annonces sur internet. Le problème, c’est que ça fait très vite marché à viande et que ça casse mon fantasme. Ce qui me plaît, c’est la prostituée dans un cadre un peu érotique, surtout pas grossier avec le menu des prestations.”

Certains hommes rêvent eux aussi de se faire payer. Antoine* nous écrit sur un forum : “Je fantasme sur le fait de me prostituer… Mais ce serait de la prostitution de luxe… Je veux une certaine forme de confort et de classe.” Son scénario : “Une femme riche m’invite chez elle et me paie pour lui faire l’amour. Là, plusieurs versions : elle peut me recevoir habillée très chic ou en tenue légère mais pas nue. Nous buvons du champagne dans sa chambre et je la déshabille avant que nous nous donnions du plaisir.” Antoine se dit “prêt à passer à l’acte”. Comme Elliot* : “Je suis plutôt beau gosse et joueur, donc si je pouvais en plus rencontrer des filles pour me faire plaisir et gagner un peu d’argent, ça serait formidable !

Une fellation dans les toilettes

Et si certain(e)s sautaient le pas et se prostituaient par pur plaisir ? On pense à Belle de jour, de Luis Buñuel, où Séverine (Catherine Deneuve) se prostitue pour assouvir son fantasme. Mais aussi à Jeune et jolie, de François Ozon, qui raconte l’histoire de la belle Isabelle (Marine Vacth), lycéenne de 17 ans qui poste une annonce sur un site de cul et se lance dans les relations tarifées par pur désir, en plein éveil de sa sexualité. Certain(e)s sont passé(e)s à l’acte. François* nous raconte sur un forum gay qu’un après-midi, alors qu’il “était bien jeune”, il a enfilé un short vert fluo et une chemise de sa sœur et est parti tapiner du côté de la gare de sa commune. Étouffé par le stress, il s’apprêtait à renoncer lorsqu’un homme l’a rejoint dans les toilettes. François y a pratiqué une fellation, pour 60 francs d’alors.

Sur Voissa, autre forum coquin, Laura*, 29 ans, explique à ses followers comment une mauvaise drague – dans la rue, un type lui demande combien elle prend lui a donné l’idée de se prostituer un soir, un seul, en accord avec son compagnon. “Georges va garer la voiture dans l’ombre, moi je me place sur le bord de la route… Si je ‘lève un client’, je l’amène dans notre voiture, il me baise sur les sièges arrière. Georges est tout près en cas d’embrouille, pour me protéger ! Je suis à la fois morte de trouille et très excitée. Je prends mon courage à deux mains et je me change, j’accentue aussi mon maquillage et met des talons hauts !!! Heureusement qu’on est en été, je n’ai rien sur la peau ! Ah ! Reste une dernière chose… Combien ??!!”, écrit-elle avant de se lancer dans une description très érotique de son expérience sur un parking. Bilan de la soirée: deux relations tarifées et une multitude d’orgasmes. Laura a pris son pied mais, le lendemain matin, la vue des billets l’a dégoûtée : “Nous n’avons jamais recommencé.” Philippe Brenot l’affirme : “On a plus d’énergie sexuelle quand on ne réalise pas tous ses fantasmes.”

Carole Boinet / lesinrocks.com


« Lui »
6 septembre, 2013, 10:16
Classé dans : ART,CULTURE,MODE,NEWS

« Lui » dans ART 001-couv_website1_0

Léa Seydoux nue, recouverte partiellement d’un voile noir. La couverture du magazine Lui a tourné partout dans les kiosques et même sur des bus. Léa Seydoux a de très beaux seins, ce que l’on savait déjà puisqu’on les avait vus dans « La Belle Personne » de Christophe Honoré puis « Grand Central » de Rebecca Zlotowski.

La suite, il fallait attendre le 5 septembre pour la découvrir, jour de sortie du mensuel Lui nouvelle version, déclinaison chic-cool du magazine culte des années 70, vendu au prix de 2,90 euros.

Journal pour « hétéros-connards »

Avant d’arriver à l’édito de Frédéric Beigbeder, le directeur de la rédaction, neuf doubles pages de publicité. En chemin, l’ours du journal, où l’on découvre que la rédactrice en chef de Lui est Yseult Williams, ancien grand manitou de Grazia, journal féminin qui a réussi son lancement en 2009.

Comme pour Vanity Fair version française, très peu de journalistes salariés. Mais trois rédacteurs en chef pour commander de la copie à des collaborateurs extérieurs. Parmi eux, des jeunes journalistes freelance qu’on connaît bien à Rue89 (Anna Borrel, Augustin Scalbert), des plumes (Marcela Iacub, Nicolas Rey, Gaspard Proust, Patrick Besson). L’ours nous vend aussi des séries mode branchées et prestigieuses (Olivier Zahm, Terry Richardson).

Dans l’édito, c’est cool, Beigbeder assume : il explique qu’il a vu les hommes disparaître cet été à Guéthary (Pays basque). Ce magazine est un dernier hommage au « connard d’hétérosexuel » ou « néo-beauf ». Ce mec qui « drague lourdement », « boit trop » et « parle politique en faisant des moulinets avec ses petits bras musclés ». Attention : le lecteur de Lui se touche le sexe devant les matches de foot, mais il a beaucoup d’argent et s’habille super bien.

Dans les pages « shopping » du journal, les produits proposés sont haut de gamme. Genre on vous propose d’acheter le sac « polochon » de Dior Homme à 2 250 euros. Ou des enceintes sans fil hi-fi pour smartphone à plus de 500 euros.

Lui propose aussi des « cadeaux pour se faire pardonner en cas de gros dérapage » auprès de votre nana : un collier en or rose à 490 euros ou un rouge à lèvres Dior à 34 euros. Mais bien sûr.

Calories et « name-dropping » façon Beigbeder

Le premier article est signé Frédéric Beigbeder. Un papier à la sauce GQ – il y faisait un grand déjeuner-interview jusqu’en 2011. Ici encore, il bouffe avec une personnalité et il retranscrit, coupe et ajoute des apartés – ce qu’il s’est passé dans sa tête ou ce qu’il aurait voulu qu’il s’y passe.

Pour le premier numéro, Beigbeder a diné avec Daniel Filipacchi, celui qui a eu l’idée du Lui ancien, chez Allard. Ils étaient accompagnés de leurs femmes, Christelle et Lara, parce qu’il n’était pas question de faire un dîner « entre vieux garçons ». Mais dans l’article, elles n’apparaissent pas, gommées du résultat final. Faut quand même pas déconner.

Les couples Beigbeder et Filipacchi mangent des grenouilles et du foie gras. Ils parlent de l’époque où François Truffaut tenait la chronique cinéma de Lui. Calories et « name-dropping ». On apprend aussi que Filipacchi a un jour échangé son appartement à Megève contre une porte peinte par Max Ernst. Divertissant.

Les fesses menues de Vallaud-Belkacem

Plus loin, on tombe sur une chronique politique de Thomas Legrand qui est parti des Inrocks au moment de l’arrivée d’Audrey Pulvar. Il écrit un texte sur l’impuissance (sexe mou) des hommes politiques : « Les prélos terminé, Rocco Obama est en condition, promis, de réguler la finance, fermer Guantanamo, faire revenir la croissance. Le peuple américain attend toujours, assis sur son lit. »

D’autres chroniques plus loin : Besson sur le cinéma qui « spoile » le scénario du prochain Woody Allen, et Marcella Iacub qui propose aux hommes de se faire stériliser et déposer leur sperme dans des banques prévues à cet effet pour ne pas devenir pères contre leur volonté.

Un papier fait parler de lui depuis déjà quelques jours : un essai de Nicolas Rey sur son désir pour Najat Vallaud-Belkacem, intitulé « Attrape-moi si tu peux ». La ministre des Droits des femmes est installée, grâce à un montage Photoshop, sur le fauteuil en rotin du film érotique « Emmanuelle » (1974) de Just Jaeckin : « Najat, sa coupe à la garçonne, ses fesses menues, son corps sec et nerveux. »

Nicolas Rey dialogue avec Maxime, son conseiller en com’ : « Ecoute, Maxime de 28 ans. Najat sera dans le premier numéro. Pourquoi ? Parce que, comme Henry Miller, je suis un désespéré de l’amour. Je scalpe, je tue. Je suis insatiable. Je veux tout de Najat : cheveux, poils, cérumen, caillots de sang séché, n’importe quoi, je le dévore. »

L’article se finit tristement : Vallaud-Belkacem accepte que Nicolas Rey monte dans sa voiture. Mais l’ambiance tourne petite fille, elle lui dit que son mot préféré dans la langue française est « évanescent » et qu’elle aime par dessus tout « Autant en emporte le vent ».

Plus loin, des pages « newcomers » : on vous présente les personnalités de demain. Un papier sur les « Milf » (« Mum I’d like to fuck »), grand classique des magazines de mecs, avec comme accroche actu le retour de Robin Wright dans « House Of Cards ». Des petites choses à lire, des anecdotes : le jeu vidéo « Fifa 13 » est une des principales causes de divorce au Royaume-Uni.

Léa Seydoux nue sur un vieux parquet

Au milieu du journal, Beigbeder revient avec son format préféré : cette fois il ne dîne pas, il passe rendre visite à Léa Seydoux dans l’hôtel particulier de sa grand-mère pour recueillir ses confidences (il l’avait déjà croisée à un anniversaire en 2010, on a l’impression que toutes les personnes interviewées ont été piochées dans le répertoire de son portable).

Beigbeder interroge Seydoux sur le tournage de « La Vie d’Adèle », Palme d’or à Cannes : « Je n’avais jamais vécu un tournage similaire. C’était éprouvant. Je n’arrivais plus à respirer tellement j’étais angoissée, j’ai dévalisé toutes les pharmacies de Lille. »

Puis, série photos avec Léa Seydoux nue sur un vieux parquet. Ses seins à nouveaux sous tous les angles. Je les inspecte.

Plus loin, Augustin Scalbert, ancien journaliste à Rue89, enquête entre Londres et New York sur la cocaïne dans le milieu de la finance.

Le dernier long article traite de l’amitié fusionnelle entre Julian Assange et Daniel Domscheit-Berg. Marrant de voir que WikiLeaks devient un marronnier de la presse masculine. L’espionnage plaît à l’hétéro-connard.

La docteure est une mannequin

Toutes les séries photos de fin de journal mettent en scène des filles nues : beaucoup de seins, de dos cambrés, de petites culottes, peu de sexes nus. Ce n’est pas pornographique comme dans la version passée de Lui.

Les dernières pages invitent à voyager, manger et boire. Hôtel à Bali, resto à Paris, bar à New York… La vie quoi, et comment se « mettre bien ». La page d’après explique comment bien cuisiner le cèpe.

Avec Tahar Rahim, on ne parle pas de cinéma mais on fait un bilan santé et on apprend que ses pieds le font souffrir en hiver. Le billet mondain non signé donne mal à la tête : toutes ces sorties en ville doivent être épuisantes.

Le journal se termine par le portrait d’Amanda Murphy, docteure devenue mannequin. Le fantasme absolu : « Si vous vous fêlez le col du fémur, vous avez une chance sur cinq de voir cette jeune femme se glisser dans la cabine d’IRM. »

Tout ça est très branché, friqué, érotique, classique, attendu, mais ça marche bien.

Nolwenn Le Blevennec – Journaliste Rue89


Etats-Unis : les forçats du Big Mac se rebiffent
4 septembre, 2013, 8:43
Classé dans : NEWS

Etats-Unis : les forçats du Big Mac se rebiffent dans NEWS bigmac-tt-width-604-height-403

Avec la crise, les petites mains de l’industrie du fast-food aux Etats-Unis ne sont plus des étudiants en quête d’argent de poche. La plupart vivent en dessous du seuil de pauvreté. Jeudi 29 août, des milliers d’employés ont fait grève dans près de 60 villes pour réclamer un salaire décent.

Phillip Bailey, 39 ans, employé dans un McDonald’s de Detroit, touche 7,40 dollars de l’heure, le minimum légal dans l’Etat du Michigan. Il travaille en moyenne vingt heures par semaine.  “J’aime mon job, dit-il, je bosse dur. Mais mon salaire est tout simplement insuffisant pour vivre. Je ne peux ni me loger ni me nourrir correctement.” Phillip aimerait trouver un travail supplémentaire pour gagner un peu plus. “Mais Detroit est sinistrée par le chômage, soupire-t-il. Et puis McDonald’s veut que ses employés soient disponibles à n’importe quelle heure.” Il y a quelques jours, il a été expulsé de son appartement.

“Comme la plupart de mes collègues, je vais devoir demander l’aide du gouvernement fédéral pour me nourrir”, ajoute-t-il. Il constate, amer : “Nous ne gagnons même pas assez pour acheter notre propre nourriture…”

Considérant n’avoir plus rien à perdre, il a décidé comme plusieurs milliers d’employés de la restauration rapide (McDonald’s mais aussi KFC, Burger King, Subway, Wendy’s, Pizza Hut…) de faire grève pour obtenir un meilleur salaire ainsi que le droit de se syndiquer sans crainte de représailles.

“Fight for 15 dollars”

Depuis dix mois, la grogne ne cesse de prendre de l’ampleur. Ils étaient deux cents à New York lors de la première grève en novembre. En juillet, Detroit et Chicago ont rejoint la lutte. Jeudi dernier, la grève s’est étendue à près de 60 villes réparties sur l’ensemble du territoire. Un succès qu’il faut cependant relativiser : seule une petite minorité des 2,4 millions d’Américains travaillant pour l’industrie du fast-food s’est mobilisée. Les grévistes se sont fixé un objectif, devenu slogan : “Fight for 15 dollars”, c’est-à-dire combattre pour un salaire de 15 dollars de l’heure – environ le double du salaire minimum légal appliqué dans la plupart des Etats.

Pour la juriste Anne Deysine, spécialiste des Etats-Unis, cette revendication, bien que “légitime”, constitue “une demande quasi impossible sur le plan économique”. La Maison Blanche et certains membres du Congrès se sont récemment prononcés en faveur d’une augmentation du salaire minimum. Mais avec un objectif bien plus modeste : 9 dollars de l’heure. “Et déjà la bataille législative serait rude, avec une base républicaine majoritairement opposée à toute augmentation et des industries extrêmement puissantes”, prédit Anne Deysine. En un mot, selon la juriste, “il ne faut pas s’attendre à une révolution. Mais des négociations locales pourront peut-être permettre aux employés d’obtenir des avantages marginaux, de petites revalorisations et des contrats moins désavantageux.”

Mais les employés en lutte ne veulent pas en rester là et comptent sur le soutien de l’opinion publique, des communautés – notamment religieuses – et du syndicat international des employés des services (SEIU) dont la présidente Mary Kay Henry, déclarait en juillet dans un communiqué qu’“aucune personne avec un travail à temps complet ne devrait vivre dans la pauvreté”. Le collectif new-yorkais Fast Food Forward l’assure sur son site : “Nous n’accepterons pas un système qui nous permet à peine de survivre.”

Le collectif rappelle que l’industrie du fast-food génère chaque année un chiffre d’affaires de 200 milliards de dollars. En moyenne, le directeur d’une grande compagnie de fast-food gagnerait 25 000 dollars par jour. A New York, un employé doit lui se contenter de 11 000 dollars… par an.
Des salaires insuffisants, d’autant plus que le profil sociologique des travailleurs du secteur a évolué avec la crise. “Ce ne sont plus des petits boulots réservés aux étudiants qui veulent se faire de l’argent de poche”, explique Anne Deysine. Les emplois bien payés se sont raréfiés et une partie de la population, paupérisée, se rabat sur les jobs proposés par les fast-foods.

“L’emploi s’améliore doucement aux Etats-Unis, mais c’est principalement au profit des jobs les moins bien rémunérés”, regrette Phillip Bailey. Anne Deysine remarque : “Des adultes, des pères et mères de famille, et même des personnes âgées de plus de 65 ans se retrouvent à servir des hamburgers. Et ils doivent faire avec un droit du travail américain défavorable aux plus pauvres. Pas d’assurance sociale, pas de couverture santé.”

Résultat : la plupart des salariés de la restauration rapide dépendent des aides médicales et alimentaires délivrées par le gouvernement fédéral.

La toute-puissance de l’industrie

De leur côté, les grands noms du fast-food ne semblent pas pressés de changer la donne. “Il y a une toute-puissance de l’industrie, qui se sent invulnérable”, estime Anne Deysine. McDonald’s s’est fendu il y quelques semaines d’une opération de communication pour le moins malheureuse. Le roi du big mac a mis en ligne un site pour apprendre à ses salariés à mieux gérer leur budget. Un monument de paternalisme infantilisant, avec quelques perles, comme la rubrique “Comprendre vos frais” : “Vos frais sont ce que vous dépensez, que ce soit une facture de téléphone, un ticket de bus, l’essence, le loyer, ou même une barre chocolatée. […]. Quand vous saurez où votre argent va, vous serez capable de prendre des décisions intelligentes qui vous aideront à faire des économies.”  Phillip Bailey enrage : “Je ne me sens pas respecté par McDonalds. S’ils respectaient vraiment leurs employés, ils négocieraient avec nous. C’est ça le respect.”

Mais les géants du secteur, appuyés par la National Restaurant Association (le puissant lobby des restaurateurs), se savent en position de force et déploient en chœur un argumentaire bien rodé : l’augmentation des salaires détruirait des jobs et obligerait les fast-foods à augmenter le prix des produits, au détriment des consommateurs. Autre argument défendu par plusieurs chaînes : la plupart de leurs restaurants étant tenus par des franchisés, ils estiment ne pas être responsables des salaires pratiqués. “C’est la fameuse question : Who’s the boss ?, commente Anne Deysine. Le système complexe des franchises est très déstabilisant pour les employés qui ne savent plus à qui adresser leurs revendications. D’autant que la plupart ne sont pas syndiqués.”

A défaut des 15 dollars par heure, la mobilisation des grévistes pourrait redonner du souffle à un syndicalisme moribond et rééquilibrer le rapport de force avec l’industrie. C’est en tout cas ce qu’espère Phillip Bailey : “On ne peut pas se battre seuls. Les managers nous riront au nez puis nous licencieront. Les travailleurs et leurs syndicats doivent forcer les compagnies de fast-food à nous payer correctement.” Il conclut : “Nous devons être solidaires. Je pense que cette lutte va être longue et difficile. Mais nous nous battrons jusqu’à ce l’on gagne.” En attendant, Phillip a repris le boulot. Son “McJob”, comme il l’appelle.

Par Alexandre Comte


Kosovo : la bombe démographique est amorcée
12 avril, 2012, 2:42
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Kosovo : la bombe démographique est amorcée dans CULTURE

Le plus jeune pays du continent est aussi celui dont le taux de chômage est le plus élevé. Sans possibilité de voyager et sans véritables perspectives chez elle, la jeunesse kosovare est-elle mûre pour une révolution ?

A toute heure du jour, artistes, écrivains et rêveurs de Pristina se réunissent au Dit et Nat, un café cosy, rempli de livres, dont le nom signifie « Jour et Nuit » en albanais.

Parmi eux, Astrit Ismaili, 20 ans, artiste conceptuel qui revient tout juste d’une résidence de six mois à New York. « J’ai eu de la chance. J’ai décroché une bourse qui m’a permis d’aller aux Etats-Unis », raconte-t-il. « La plupart des Kosovars n’ont pas la possibilité de partir à cause de la difficulté d’obtenir un visa. C’est triste, parce que la réalité du pays ne permet pas à la jeunesse d’exprimer son talent et de réaliser ses ambitions ».

Dans son travail, Astrit Ismaili explore les thèmes de l’identité et de la sexualité à travers le prisme d’une société qui se débat encore avec le souvenir de la guerre qui a permis l’émergence de l’Etat indépendant du Kosovo.

Il peut être provocateur – dans un de ses projets, Astrit Ismaili pose à demi-nu devant la ville de Pristina en arrière-plan – et il sait qu’il pousse le bouchon dans un pays qui demeure largement conservateur. « Quand vous n’avez pas la possibilité de vivre des choses en dehors du Kosovo, l’ambiance peut devenir étouffante ici ».

Une personne sur deux a moins de 25 ans

« Etouffant » est également le terme employé par un diplômé au chômage qui se fait appeler Dren. Devant un café macchiato, dans un bistrot bondé avec vue sur la célèbre sculpture jaune pâle « NEWBORN » – dévoilée lors de la déclaration d’indépendance unilatérale du Kosovo en 2008 – Dren désigne d’un geste l’endroit où il se trouve. « Il y a plein de cafés comme celui-ci à Pristina… plein de jeunes comme moi qui n’ont rien d’autre à faire que de boire du café toute la journée », confie-t-il avec amertume. « On n’a pas de travail, aucune perspective et aucun moyen de partir. Ce n’est pas un pays pour les jeunes ».

Le Kosovo est pourtant un pays jeune. Ses deux millions d’habitants constituent la population la plus jeune d’Europe : une personne sur deux y a moins de 25 ans. Plus de la moitié des ministres du gouvernement kosovar ont moins de 40 ans. Atifete Jahjaga, la présidente du pays, ancienne directrice de la police kosovare, n’avait que 36 ans lorsqu’elle a été élue l’année dernière.

Et, comme les politiques aiment à le rappeler au sujet des défis que doit relever le Kosovo, le pays, qui a fêté son quatrième anniversaire en février, est le deuxième Etat le plus jeune du monde, juste derrière le Soudan du Sud.

D’aucuns prétendent que le gouvernement, qui a versé près de cinq millions d’euros à l’agence Saatchi & Saatchi pour imaginer une campagne de publicité internationale faisant l’éloge des « Jeunes Européens » du Kosovo, ne prend pas suffisamment au sérieux cette explosion démographique.

Voilà deux ans, un groupe de réflexion basé à Pristina, l’Initiative kosovare pour la stabilité (IKS), a publié en partenariat avec l’UNICEF un rapport qui évalue le taux de chômage des jeunes à 73%.

« Le chômage qui frappe le Kosovo est en train de détruire la jeunesse »,déclare Milot, une des personnes interrogées par les chercheurs ; d’autres expliquent que le népotisme et le copinage compliquent encore la vie des jeunes et des demandeurs d’emploi.

Et la situation risque encore d’empirer avant l’embellie : près de 200 000 jeunes devraient arriver en âge de travailler dans les cinq années à venir. Les allocations de chômage n’existent pour ainsi dire pas au Kosovo.

Le seul filet de sécurité qui vaille est la famille. Beaucoup cherchent l’évasion par d’autres biais : l’alcoolisme et la consommation de drogue sont en hausse, selon des personnes qui travaillent auprès de la jeunesse kosovare.

Le taux de chômage global du Kosovo s’élève à environ 45%, soit le chiffre le plus élevé des Balkans occidentaux. Moribonde, l’économie est tributaire du secteur des services, de l’aide internationale et des virements de la diaspora kosovare, bien que cette dernière source de revenus ait souffert de la crise financière mondiale.

Un pays isolé et immobile

Pour ajouter encore à la frustration de la jeunesse, le Kosovo est le dernier pays des Balkans dont les citoyens ne sont pas autorisés à se déplacer librement dans les pays de l’Union européenne.

Un expatrié qui a travaillé plusieurs années dans des agences internationales basées au Kosovo dresse un parallèle avec les griefs qui ont été à l’origine des vagues de protestation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord l’année dernière : « Une population jeune, un taux de chômage des jeunes élevé et une montée de la désillusion face à la sclérose – on retrouve les mêmes ingrédients ici ».

Pour certains, l’ascension de Vetëvendosje (auto-détermination), mouvement nationaliste ciblant principalement les jeunes, tient à sa capacité à canaliser le mécontentement croissant face à l’isolement et à l’immobilisme du pays. De simple agitateur des masses, le mouvement est devenu le troisième parti représenté au parlement kosovar.

Vetëvendosje s’oppose à tout échange avec la Serbie, dénonce les missions internationales envoyées au Kosovo – dont la mission EULEX de l’Union européenne – qualifiées de paternalistes, et réclame l’unification avec l’Albanie voisine. Les murs de Pristina sont couverts de ses graffitis, parfois virulents : « Eulexperiment », « Jo Negociata – Vetëvendosje ! » (Pas de négociations – l’auto-détermination !).

Le leader de Vetëvendosje, Albin Kurti, parle d’une insurrection populaire non-violente dirigée contre ce qu’il considère comme l’élite politique corrompue du Kosovo, et les manifestations organisées par le mouvement ont dégénéré en échauffourées avec la police à plusieurs reprises.

Les dirigeants du Kosovo, dont certains taxent Albin Kurti et son mouvement d’extrémisme, minimisent le risque d’une propagation des troubles. « Le risque est nul », affirme la présidente du pays, Atifete Jahjaga.

Pour Shem Aliu, un militant de la société civile de 28 ans qui travaille sur des projets liés au développement économique et à la réconciliation financés par l’Union européenne, le Kosovo a beaucoup à offrir.

« Nous voulons rejoindre l’UE, nous voulons participer aux Jeux Olympiques, nous voulons être membres d’organisations comme la FIFA… Nous voulons montrer au monde notre meilleur visage : celui d’une jeunesse bourrée de talent », confie-t-il. « L’isolement dont nous sommes victimes ne fait que renforcer nos aspirations. Nous croyons que des jours meilleurs nous attendent ».

Par Mary Fitzgerald



Instagram, porte d’entrée de Facebook en Chine ?
12 avril, 2012, 2:38
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Instagram, porte d'entrée de Facebook en Chine ? dans NEWS instagram

Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg est interdit en Chine. Mais en achetant Instagram et son application disponible en chinois, le PDG de Facebook a peut-être enfin trouvé une manière de pénétrer le marché de l’empire du Milieu.

Facebook n’a pas encore réussi à infiltrer la Chine, mais les choses pourraient changer grâce au rachat d’un réseau social bien plus modeste, Instagram, qui permet à ses utilisateurs d’éditer, de « tagger » et de partager des photos en quelques instants.

L’application Instagram a été traduite en chinois et est compatible avec l’un des services de microblogging chinois le plus populaires, Weibo (créé par la société Sina), sur lequel les internautes peuvent ainsi publier leurs clichés.

A l’instar d’autres réseaux étrangers comme LinkedIn, qui ne sont pas aussi gigantesques que Facebook, Instagram n’a pas encore été victime de véritable censure : jusqu’à présent, les utilisateurs n’ont pas signalé de problèmes pour accéder à l’application en Chine, où les autorités contrôlent l’accès aux sites étrangers.

Facebook est bloqué depuis des années. Si la société finissait par arriver sur le marché chinois, les analystes assurent qu’elle serait contrainte de faire des pieds et des mains, tout comme les sites Internet locaux – qui doivent notamment réguler les contenus publiés pour censurer tout sujet jugé nuisible par les autorités – afin de conserver les autorisations accordées par le gouvernement chinois.

Instagram n’a pas de locaux officiels en Chine, mais le fondateur de l’application, Kevin Systrom, s’est exprimé à ce sujet à l’automne 2011 lors d’une conférence organisée par TechCrunch, appelée Disrupt. Il a indiqué qu’il allait chercher à proposer ses services en Chine. A l’époque, il n’avait pas encore pris position sur la censure : « Je n’y ai pas beaucoup réfléchi, avait-il déclaré. Réussir à travailler à l’étranger dans de bonnes conditions pose de véritables défis, car les règles du jeu ne sont pas les mêmes. Je pense que chaque entreprise doit décider si elle souhaite ou non respecter ces règles. » Instagram n’a pas souhaité faire de commentaires sur la question.

En Chine, Instagram peut s’appuyer en partie sur les moyens de censure que Sina utilise déjà. Sa plateforme est susceptible d’être bloquée, mais, contrairement à Facebook, Instagram n’est pas considérée comme un outil facilitant les débats polémiques ou encourageant les groupes politiques, ce qui est une bonne chose. Par ailleurs, l’application ne semble pas avoir beaucoup d’adeptes en Chine, pour l’instant. Jusqu’à récemment, Instagram n’était compatible qu’avec l’iPhone d’Apple, mais le service est désormais accessible aux utilisateurs d’Android, le système d’exploitation de Google.

Un chargé de communication de Sina a indiqué qu’il n’était pas en mesure de fournir des données quant à l’utilisation d’Instagram sur Weibo. En faisant une recherche de toutes les photos publiées par l’intermédiaire d’Instagram, on se rend compte que la plupart sont postées par les sinophones d’Hong Kong. Le marché chinois propose des services similaires, dont un qui s’appelle TuDing.

Récemment, une analyse des photos géolocalisées a révélé 1 300 clichés pris à Pékin et 1 500 à Shanghai, alors que 6 800 avaient été postés depuis Hong Kong, tous en chinois. A titre de comparaison, la même recherche a dévoilé 360 000 photos prises à New York et 169 000 à Los Angeles.

Certains utilisateurs de Weibo se sont montrés inquiets à l’idée qu’un accord avec Facebook puisse les empêcher d’accéder à Instagram, si les entreprises obligent les internautes à se connecter à l’application par l’intermédiaire de Facebook.

Sous le pseudonyme HTTP error 403, un internaute a résumé la situation de façon amusante : « Google dit : je rachèterai quiconque a un avenir brillant. Facebook dit : je rachèterai quiconque possède des plateformes. La Chine réplique : je bloquerai tous ceux que vous achèterez. »

Sources : Loretta Chao - The Wall Street Journal



Blur, c’est fini, Gorilllaz aussi
12 avril, 2012, 2:33
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Blur, c’est fini, Gorilllaz aussi dans NEWS albarn-604x403

Sur quel pied danser, l’intenable homme aux mille projets (son Dr. Deesort début mai), Damon Albarn, semble ne pas toujours le savoir. Deux de ses compagnons au sein de Blur, le bassiste Alex James et le batteur Dave Rowntree, ainsi que son binôme dessinateur et co-créateur de Gorillaz, Jamie Hewlett, peuvent quant à eux se préparer à un autre avenir : il ressort d’une longue interview confiée il y a quelques jours au Guardian que, malgré les rumeurs insistantes et vagues promesses à demi-mot des derniers mois, la carrière des deux groupes soit bel et bien terminée.

Blur jouera l’ultime concert de sa tournée de reformation à Hyde Park, le 12 août, dans le cadre de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres. Et ce sera sans doute l’ultime apparition collective du groupe, sur scène comme sur disque. “Je trouve très facile d’enregistrer avec Graham [Coxon]. C’est un musicien qui pratique tous les jours. Avec les deux autres, c’est plus difficile de reconnecter. Vous voyez ce que je veux dire? Ca va quand on joue live, c’est encore vraiment magique, mais enregistrer quelque chose de nouveau avec eux, échanger des influences… c’est vraiment difficile.” Et Albarn de prolonger le malaise en répondant, à la question d’éventuels concerts post-Hyde Park, “No, not really” ; on se passera de traduction.

Pas mieux pour Gorillaz. Pas d’album en préparation, et la fin du collectif semble actée. En a-t-il marre ? Lui non, explique-t-il, mais son comparse Hewlette si. “Jamie en a marre. Je crois que nous étions en désaccord sur le dernier album [Plastic Beach, en fait], ce qui est triste”, expliquant au surplus que la dernière tournée, en grande compagnie, de la troupe, ne s’était pas déroulée selon les souhaits du dessinateur.

Par Thomas Burgel


Rick Santorum forfait
12 avril, 2012, 2:30
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Le candidat à la primaire républicaine Rick Santorum a annoncé mardi qu’il jetait l’éponge. Retour en paroles et en image sur les plus gros dérapages de sa campagne.

Le candidat à la primaire républicaine Rick Santorum a donc annoncé ce mardi qu’il jetait l’éponge. Après avoir créé la surprise en remportant l’État de l’Iowa en janvier dernier, l’ancien sénateur de Pennsylvanie était devenu au fil de la campagne le deuxième homme du camp républicain, bien que largement distancé par le favori, Mitt Romney.

A 53 ans, ce fervent catholique et père de sept enfants a su séduire un large pan de l’électorat ultra-conservateur. Mais ses positions ont aussi choqué une partie de l’Amérique, plusieurs de ses déclarations  déclenchant de vives polémiques.

Au premier chef de celles-ci, cette phrase lâchée le 31 décembre devant une assemblée composée presque uniquement de blancs :« Je ne veux pas rendre la vie des noirs meilleure en leur donnant l’argent de quelqu’un d’autre. »

Interrogé par la suite sur ce qui est apparu comme l’un de ses premiers dérapages, Rick Santorum a assuré avoir dit “the blahs” (“le cafard”) et non “the blacks” et contesté tout propos raciste…

Cet avocat de formation a également pris des positions très tranchées concernant le mariage homosexuel. A plusieurs reprises, il s’est dit favorable à une modification de la Constitution pour le rendre illégal. Rick Santorum a même déclaré vouloir défaire les 130 000 mariages gays déjà célébrés aux États-Unis.

Le 5 janvier, lors d’une conférence devant les étudiants du New England College, ce défenseur des valeurs chrétiennes ose un argument mal-venu: interrogé sur le droit au bonheur pour les homosexuels, Rick Santorum défend ses positions en comparant l’union entre personnes de même sexe à la polygamie…

Hostile à la contraception et à l’avortement, même en cas de viol, Santorum est aussi radical sur le conflit israélo-palestinien que sur les questions de société. Interrogé par un jeune militant le 2 janvier, il se lance dans une forme de négationnisme en assurant qu’il n’y a pas de Palestiniens en Cisjordanie. “Tous les gens qui vivent en Cisjordanie sont des Israéliens. Il n’y a pas de Palestiniens. Ce n’est pas une terre palestinienne. C’est une terre israélienne.

Même au sein de son propre camp, le candidat ultra-conservateur joue la provocation. D’abord en présentant comme similaires plusieurs des positions de Mitt Romney et de leur rival commun Barack Obama.

Puis, en mars dernier, il suggère qu’un deuxième mandat du président démocrate vaut mieux que l’élection d’un candidat qui ne serait qu’insensiblement différent, sous-entendu Mitt Romney.

Quand à Barack Obama lui-même, il a été la cible de l’une des attaques les plus originales de Rick Santorum. Le candidat républicain a réalisé un clip-fiction, Welcome to ObamaVille inspiré des films d’horreur et qui dépeint les États-Unis tels que les a façonnés le président démocrate. De quoi avoir la chaire de poule.

Par Marion Garreau



« Jean-Luc, ton programme j’l’ai pas lu, mais j’aime ton flow »
11 avril, 2012, 8:29
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Victoire, 24 ans et son premier single.

Paroles, extraits : « Je veux que tu sois comme un passage piéton/ Tu es mon capitaine et pas seulement de pédalo/ Oh Jean-Luc je suis ta Bastille/ Tu es un musicien qui fais jouer ses mains sur un morceau de moi. »



«En campagne, il faut être réceptif au hasard»
10 avril, 2012, 4:29
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Trois photographes qui couvrent la campagne pour Libération expliquent leur travail à partir de trois de leurs clichés.

«En campagne, il faut être réceptif au hasard» dans ART

«Être réceptif au hasard»
Laurent Troude: «On était très nombreux. C’est toujours très difficile d’être au contact du candidat, il faut se faufiler, se débrouiller, c’est à celui qui sera le plus malin. On y arrive, par vagues de quinze, vingt secondes, avant d’être rejeté par la pression. Au moment où on est près, on espère qu’il va se passer quelque chose: ils ne peuvent pas tout contrôler. Cette image montre bien la campagne, il fait 50 choses en même temps et regarde sans arrêt ailleurs. Il sait qu’il doit toucher les gens, mais
c’est fait mécaniquement. Il fait le job. Chirac n’était pas pareil. Ici, on est à Guérande [Loire­ Atlantique, ndlr], mais peu importe. Ce qui m’intéresse, c’est de creuser le portrait en creux d’un candidat, pas l’environnement. Ça, c’est ce qu’eux veulent montrer. Il faut être réceptif au hasard.»

  Art dans NEWS

«Je fais une image symbolique»
Sébastien Calvet: «On est à Jarnac [Charente, ndlr], pour l’anniversaire de la mort de François Mitterrand. Il y a donc toute une mythologie du PS, c’est un peu un pèlerinage. La cérémonie est très organisée, protocolaire: les gerbes de fleurs sur la tombe, les positionnements des photographes, etc. François Hollande décide de parler aux journalistes, mais à l’extérieur du cimetière. Les radios et télés ont été briefées, et l’attendent. Nous, les photographes, on suit Hollande. Je fais une image symbolique de la campagne: avec le candidat et la presse, tout autour de lui. Et là, le service d’ordre nous interpelle:“Ne vous mettez pas là.” On pouvait penser que c’était pour des raisons de sécurité. Pas du tout: on était dans le champ des caméras.»

  Élections 2012 dans PHOTOGRAPHIE

«Il y a eu une bousculade»
Julien Mignot: «Cette photo a été prise au moment où Jean­-Luc Mélenchon invective un photographe. Il y a eu une bousculade, et cela a donné lieu à une première altercation. On est après le meeting à la Bastille, les photographes sont de plus en plus nombreux à le suivre. Cela le gêne. Ce n’est pas comme au PS ou à l’UMP, où ils ont l’habitude de gérer ça. Dans le bus qui nous ramène de Bobigny [Seine­Saint­Denis, ndlr] à Paris, j’ai mon appareil sur les genoux. Il vient en face de moi. Me dit:“Qui êtes vous? Je ne vous fais pas confiance. Si vous me mitraillez, je m’en vais.”Il a traité tous les photographes d’abrutis. Je lui ai fait remarquer qu’on ne lui dit pas:“Vous, les politiques, vous êtes tous pourris.” Il m’a répondu:“Vous me faites la leçon en plus? Allez dégage!”»

Par Charlotte Rotman



Facebook débourse un milliard pour racheter Instagram
10 avril, 2012, 4:12
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Facebook a annoncé lundi le rachat de cette entreprise de 14 salariés pour un milliard de dollars. Pourquoi un tel investissement et quelles sont les conséquences de ce rachat ?

Instagram, ça sert à quoi ?
Lancée en octobre 2010 sur iPhone, l’application permet de prendre des photographies au format carré, à la manière d’un vieux Polaroïd, et d’y appliquer différents filtres ou effets. Avec plus de 30 millions d’utilisateurs, elle était devenue un véritable réseau social. Cinq millions de clichés y sont postés chaque jour. Depuis une semaine, une version pour Android est disponible. Elle a déjà été téléchargée un million de fois.

Une société non profitable
Jeune entreprise de seulement 14 salariés, Instagram n’est pas une affaire “rentable” en tant que telle. L’entreprise s’est financée grâce à deux importantes levées de fonds, et ne génère pas de revenus puisque l’application est gratuite et sans publicité. L’entreprise avait pourtant réussi à se placer sur les marchés financiers grâce à son succès. Il y a un mois, sa valeur était estimée à 500 millions de dollars.

Facebook élimine un concurrent…
Instagram était devenu un acteur majeur dans le domaine du partage de photos sur les réseaux sociaux et commençait à concurrencer sérieusement Facebook en la matière. Le géant des sites communautaires vient ainsi d’imposer sa domination. Et s’assure au passage qu’Instagram ne passe pas aux mains de ses concurrents, tels que Twitter ou Google.

Avec cette acquisition, Facebook se protège également contre l’essor de Pinterest, sorte de version virtuelle du vieux tableau de liège. Sur le modèle de Twitter ou de Tumblr, on y poste photos et vidéos autour de toutes sortes de thèmes afin de les partager et d’échanger avec une communauté. Encore peu connu en France, le réseau, qui est toujours en version “open beta” (les internautes doivent demander une invitation pour s’inscrire) compte déjà plus de 13 millions d’inscrits dans le monde deux ans après son lancement aux Etats-Unis.

… pour s’en faire un allié
L’acquisition d’Instagram permet surtout à Facebook de faire un bond en avant dans sa stratégie d’adaptation aux Smartphones. Un véritable enjeu quand on sait que, d’ici quelques années, les connexions aux réseaux sociaux se feront avant tout par les téléphones portables. Les acteurs du Web doivent développer de nouveaux modèles adaptés à de nouvelles contraintes comme un écran beaucoup plus petit et donc un espace publicitaire plus limité.

Les craintes des internautes
Marc Zuckerberg a fait savoir qu’il souhaitait conserver les atouts d’Instagram et ne pas l’intégrer à Facebook. Kevin Systrom, cofondateur de l’application, a confirmé dans un communiqué qu’”Instagram ne va pas disparaître” et s’est félicité de cette nouvelle collaboration. Ce qui ne suffit pas à rassurer les internautes. D’après le site TechCrunch, ils sont déjà nombreux à avoir l’intention de quitter Instagram par crainte de voir leurs données personnelles récupérées par Facebook. Plusieurs sites spécialisés, tels Mashable, indiquent déjà comment récupérer ses photos et supprimer son compte. Plus généralement, les détracteurs de Facebook étaient nombreux à se mobiliser lundi sur la toile pour manifester leur mécontentement à la suite de cette nouvelle acquisition du géant.

Vers une nouvelle bulle Internet ?
Instagram n’est pas la première entreprise à être rachetée pour un montant largement supérieur à sa valeur. Plusieurs sociétés, dont la plus emblématique est Groupon, ont connu la même envolée. Mais la plupart ont chuté lourdement en Bourse dans les mois qui ont suivi leur rachat. Ces exemples font craindre à plusieurs analystes la formation d’une nouvelle bulle spéculative sur Internet, à l’image de celle qui s’était développée dans les années 1990 et avait provoqué l’écroulement des marchés en 2000. Le rachat d’Instagram intervient d’ailleurs à quelques mois seulement de l’entrée en bourse de Facebook, qui pourrait ainsi voir sa valorisation monter à 100 milliards de dollars.

Par Marion Garreau



PRESIDOKU : LA « CAMPAGNE » AUTREMENT
9 avril, 2012, 2:05
Classé dans : ART,CULTURE,NEWS

PRESIDOKU : LA

Un blog de Damien Chavanat (Textes et illustrations) et Louis Chavanat (Textes), moyen original de suivre les élections présidentielles 2012. illustrations et jeux « récréatifs », déjà 27 parutions. Bloguons autrement !

Plus sur : http://www.presidoku.com/

 + AmenEtAlors +



GOODBYE RICKY.D
9 avril, 2012, 1:21
Classé dans : NEWS

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En 1996, il prenait les rênes de Sciences-Po et faisait entrer la ronronnante institution dans le XXIe siècle. Retour sur le parcours d’un directeur atypique.

Une pancarte improvisée recouvre la plaque d’Emile Boutmy, fondateur de l’Ecole libre de sciences politiques, ancêtre de Sciences-Po Paris, à l’entrée de l’amphithéâtre. A la place, on peut lire le nom de Richard Descoings, son directeur depuis seize ans, retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel, mardi 3 avril à New York.

Cent quarante ans séparent la création d’une des plus prestigieuses écoles françaises et le décès de l’homme qui l’a fait entrer dans le XXIe siècle. En 1872, après la défaite contre l’Allemagne, c’est pour contrer ce que Claude Digeon appelait “la crise allemande de la pensée française” que le politologue Emile Boutmy lance l’école qui deviendra Sciences-Po en 1945. Avec la réussite qu’on lui connaît : elle formera la quasi-totalité des décideurs français.

Lorsque Richard Descoings en prend les rênes en 1996, c’est une institution gorgée de sa supériorité, hors du temps. Mais le monde a changé. La France est à la traîne de la compétition mondiale des cerveaux. On découvre le problème des banlieues, de l’école à deux vitesses, de la crise de la représentation. Les intellectuels français ne s’exportent plus. Reste Pierre Bourdieu, le pourfendeur de la reproduction des élites bourgeoises, dont Sciences-Po est le temple.

Richard Descoings, ce pur produit de l’élitisme républicain et de l’administration (passé par les lycées Montaigne et
Louis-le-Grand, Sciences-Po, l’ENA et le Conseil d’Etat), se mue en haut fonctionnaire réformateur et iconoclaste.

“C’était un original, avec un affect très fort, très intelligent, charismatique et en même temps porté par une vision”, explique le politologue Dominique Reynié, ami de vingt ans et prof à Sciences-Po.

Il internationalise l’IEP (un tiers d’élèves étrangers aujourd’hui) et allonge la scolarité à cinq ans. Jack Lang, dont il était le conseiller au ministère de l’Education nationale au début des années 90, se souvient d’un homme “pugnace, ouvert d’esprit et créatif, avec des idées sur l’éducation souvent révolutionnaires”.

Ensuite, Richard Descoings cherche à démocratiser Sciences-Po. Il devient le chantre de l’égalité des chances contre une France des héritiers dont il est lui-même issu. Il pioche dans l’affirmative action à l’américaine et ouvre en 2001 l’école aux meilleurs élèves des ZEP. Sa conviction est faite : ni l’égalitarisme républicain, ni la méritocratie ne fonctionnent.

“Il a visité tous les lycées de banlieue, il aimait sortir des sentiers battus, rencontrer des gens avec des idées neuves, il voulait que Sciences-Po soit une niche de talents venant de toutes parts”, raconte Anyss Arbib, un filleul ZEP.

Effroi dans les rangs. Ces nouveaux venus vont faire baisser le niveau ! “Dans quel pays sommes-nous quand on dit à des jeunes qu’ils font baisser le niveau parce qu’ils réussissent?”, rétorquait Descoings.

La fin de son dernier mandat sera ternie par des polémiques. A gauche, on le regarde d’un mauvais œil lorsque Nicolas Sarkozy l’appelle à ses côtés pour réfléchir sur la réforme du lycée. Son nom circulait pour le ministère de l’Education. Descoings s’en défendait.

“Sa vocation était d’être un éducateur, il n’avait pas l’ambition d’être ministre”, confirme Jack Lang.

En 2004, il augmente les droits d’inscription. Pour les syndicats étudiants, cette décision de l’éminence grise des politiques en matière d’éducation pourrait préfigurer une augmentation généralisée. Tollé lorsqu’il veut supprimer l’épreuve de culture générale (très favorable au capital culturel des classes dominantes, expliquait Bourdieu). Mais ce sont surtout les révélations sur son salaire – 40 000 euros mensuels dont 27 000 euros de salaire brut – qui vont dégrader son image et indigner le monde universitaire.

Il avait compris que pour exister dans un monde d’images, la forme compte autant que le fond. Au risque de voir se multiplier les critiques sur une “politique d’affichage” qui serait menée au détriment du contenu des enseignements. Audacieux, tape-à-l’œil, pragmatique, homme de réseaux, mégalo, pourfendeur de la bien-pensance, fêtard, inclassable, pro de la com, excentrique, Richard Descoings était tout à la fois.

Dans la cour de l’école, entre les bouquets de fleurs, des peluches de Marsupilami: “Il était fasciné par le personnage, explique Anyss Arbib, “qui comme lui rebondissait toujours.”

Les Inrocks – David Doucet et Anne Laffeter



LES CLICHÉS CÉLÈBRES POSENT AVEC LEUR PHOTOGRAPHE
9 avril, 2012, 11:21
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LES CLICHÉS CÉLÈBRES POSENT AVEC LEUR PHOTOGRAPHE dans ART fefezf

USA – Le site WIRED propose une série de photos où les photographes posent avec leur clichés mondialement connus. Du World Trade Center à la place Tiananmen, une bel hommage aux hommes qui immortalisent les moments importants de l’histoire. Photos de Tim Mantoani.

1- Steve McCurry holds his 1984 photo of a young woman from Peshawar, Pakistan. « I looked for this girl for 17 years and finally found her in 2002. Her name is Sharbat Gula. »

2- Harry Benson : « Brian Epstein — Beatles’ manager — had just told them they were number one in America, and I was coming with them to New York, 1964. »

3- Neil Leifer holds his photo, Ali vs. Liston, which he took on May 25, 1965 in Lewiston, Maine

4- Lyle Owerko : « No one knew such a beautiful warm day would serve as the backdrop to one of the most painful and confusing events to the heart of mankind. This picture is one small part of such a huge event that ties the threads of thousands of stories and millions of people together.

Written words will never convey the whole scope of the event, nor even summarize the sounds, the smells or even the voices that are frozen in my memory bank from that day. I did the best job I could in photographing 9/11 so that future generations would have an idea of the scope of what happened, to have the evidence of how innocence can so easily be snatched away in a razor’s edged moment of time.

My hope is that in time the wounds and pain will heal and that wisdom and peace will prevail among the darkness of this event, so that humanity can move forward into a time of grace and understanding. »

Source – Golem13



WRONG
8 avril, 2012, 6:38
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Après Rubber, le français Quentin Dupieux revient avec son nouveau film WRONG dont voici le trailer. Sélectionné avec ce film pour le Festival de Sundance, Quentin Dupieux sera le seul réalisateur français présent cette année.

Sortie prévue pour juin 2012
Written, shot, directed & edited by Quentin DUPIEUX.
Produced by Gregory BERNARD.
Cast : Jack PLOTNICK, Eric JUDOR, Alexis DZIENA, Steve LITTLE, William FICHTNER…
Music : Mr OIZO + TAHITI BOY

Plus d’infos à venir : http://www.wrongthemovie.com/



EN EUROPE, LA VAGUE MÉLENCHON INTRIGUE ET SÉDUIT
8 avril, 2012, 4:48
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EN EUROPE, LA VAGUE MÉLENCHON INTRIGUE ET SÉDUIT dans CULTURE ac_melenchon_bastille_portrait_1200_02

— Yves, le 18 mars à la Bastille (Audrey Cerdan/Rue89) —

La manifestation place de la Bastille a fait office de déclencheur médiatique, la percée dans les sondages l’a confirmée : la vogue Mélenchon intrigue et inspire les observateurs étrangers.

Les correspondants de la presse étrangère n’ont pas tous vu venir cette percée. Depuis, ils se rattrapent, et multiplient les papiers sur le troisième homme de la campagne, surnommé « le pitbull qui aimait la poésie » ou encore « l’homme à la cravatte rouge ».

Suisse. Jean-Noël Cuénod, correspondant du journal La Tribune de Genève à Paris, qui l’a décrit comme l’héritier du révolutionnaire Gracchus Babeuf, ne cache pas son plaisir : « Ça nous change de l’épicerie Le Pen à la troisième place ! », tonitrue-t-il. Et c’est avec une certaine fierté qu’il déclare avoir repéré Jean-Luc Mélenchon « il y a deux ans déjà » : « A mes yeux, c’est une sorte de retour à la normale, à une certaine France traditionnelle, autoritaire, partageuse et égalitaire ! Il faut dire qu’elle est vraiment nulle cette campagne, ça fait du bien de voir un garçon talentueux. Et lui au moins, il sait parler français ! »

« Il a pas mal engueulé les journalistes »

Suède. La verve du « tribun » continue de surprendre les observateurs étrangers, pas vraiment habitués à ce style. Le flegmatique journaliste finalndais Johan Tollgerdt, qui contribue à plusieurs médias suédois, se rappelle ses réticences initiales :« Il a quand même pas mal engueulé les journalistes, qui n’avaient pas une très bonne opinion de lui au début. Et pourtant, les électeurs français ne se sont pas laissés impressionner, ils l’ont écouté. Jean-Luc Mélenchon est la preuve qu’il y a en France une sociale démocratie vivante, en laquelle ses habitants croient encore. »

Italie. Pour les observateurs étrangers, la popularité du candidat Mélenchon est le signe d’un possible sursaut de la gauche de la gauche, au-delà même des frontières françaises. L’Italien Alberto Toscano est collaborateur pour la RAI, et relève l’intérêt de l’engouement pour le Front de gauche pour les radicaux italiens : « Depuis son réveil brutal aux législatives de 2008, le parti radical italien est orphelin sur le plan intellectuel. Cette nouvelle composante politique qui fera sans doute partie du prochain gouvernement français intéresse plus que le PCF, qui apparaissait comme un partenaire un peu obsolète. »

« Une forme de pression dont on avait besoin »

Grèce. D’abord réticente, la journaliste grecque Ira Feloukatzi a changé d’avis lors d’une manifestation devant l’ambassade de Grèce à Paris en février : « Même si ses propositions me semblent assez utopiques, il parle de façon sensible du problème grec. C’est une forme de pression dont on avait besoin. »

La journaliste a noté un intérêt manifeste de la part de certains de ses concitoyens pour le candidat du Front de Gauche, qu’ils expriment notamment sur le Web : « Les Grecs sont bien informés et très friands de culture française. Il représente un rêve, dans lequel tout le monde ne doit pas nécessairement suivre les mêmes prescriptions et entrer dans le même moule. »

Petros, 23 ans, est jeune militant de Siriza, petit parti membre de la coalition de la gauche radicale grecque. Il a « évidemment » entendu parler de Jean-Luc Mélenchon : « J’ai trouvé que l’idée d’organiser une manifestation pour fêter la prise de la Bastille était fantastique. Plusieurs amis ont mis des photos des manifestants sur Facebook. Mais je me méfie de ceux qui ont appartenu à des gouvernements corrompus. »

Mélenchon inspire les syndicalistes belges

Belgique. Et si le candidat Mélenchon faisait une étape de leur côté de la frontière belge ? L’appel a été lancé par le FGTB, l’un des principaux syndicats belges, dans un communiqué suivant la mobilisation de « centaines de Belges » lors du meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lille, le 28 mars. Paul Lootens, secrétaire général du FGTB, explique : « Nous avons constaté un élan spontané parmi les militants. Donc nous avons décidé de nous organiser en affrétant des bus pour les emmener à Lille. »

La campagne présidentielle est largement suivie dans la partie francophone du pays, où les socialistes sont bien implantés. Jean-Luc Mélenchon y est fort populaire et son mouvement cristallise l’espoir « de voir la concrétisation d’une nouvelle résistance de gauche en Europe », selon les termes du communiqué publié par la FGTB, au lendemain du meeting de Lille. Paul Lootens : « C’est encourageant de voir la gauche de la gauche reprendre des couleurs. Mais chez nous le contexte est différent, nous n’avons personne avec les mêmes talents d’orateur, ni un appareil militant aussi performant. »

Certains comptent pourtant bien s’inspirer des succès du candidat français. Le député Bernard Wesphael, par exemple : le chef de la formation écolo au parlement wallon a annoncé en début de semaine dernière qu’il quittait le parti dont il est l’un des fondateurs, tout en déclarant que s’il était français, il « voterait Mélenchon » : « Il y a un vide politique énorme entre la social-démocratie qui a trahi toutes ses valeurs et une droite de plus en plus arrogante. Je suis persuadé que le succès du Front de gauche est le signe que quelque chose bouge en Europe. C’est un phénomène qui va faire tache d’huile et dépasser les frontières. »

Le parlementaire indique qu’il est actuellement « en train de vérifier si une telle mouvance aurait une place en Belgique ». De leur côté, les représentants du Parti de Gauche ont fait savoir qu’ils suivaient ce projet de près.

« La gauche peut créer une dynamique »

Grande-Bretagne. En Grande-Bretagne enfin, on note que l’engouement pour le Front de gauche prouve que les rapports de force ne sont pas figés. Le Guardian fait ainsi un parallèle entre la poussée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et les résultats d’un scrutin local à Bradford. George Galloway, candidat à forte personnalité du parti Respect, y a remporté une victoire très inattendue ce mardi : « Dans les deux cas, il s’agit d’ex-membres du principal parti de gauche qui, en usant d’un charisme populiste et radical, ont su mobiliser les électeurs soumis à l’austérité contre une élite ayant échoué à leur fournir des solutions depuis des décennies. »

Si ces hommes ne représentent pas, selon lui, une menace réelle pour les grands partis, le journaliste du Guardian ajoute : « Mélenchon et Galloway viennent rappeler que la gauche peut créer une dynamique politique si elle est prête à se faire la porte-parole des préoccupations réelles des gens. »

Lisa Fabian et Zineb Dryef/Rue89


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